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Les accidents vasculaires cérébraux
Des études populationnelles à grande échelle, y compris quelques études de cohortes prospectives, indiquent que la consommation de produits laitiers joue un rôle bénéfique dans la prévention des accidents vasculaires cérébraux.
Sommaire
Bien que les mécanismes grâce auxquels les produits laitiers pourraient réduire l'incidence d’accidents vasculaires cérébraux demeurent inexpliqués, des données scientifiques démontrent qu’ils ont un effet sur plusieurs troubles reconnus comme étant des facteurs de risque des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux, y compris l'obésité, l'hypertension, le syndrome métabolique et le diabète de type 2. Les composantes des produits laitiers impliquées dans la réduction du risque d’accidents vasculaires cérébraux comprennent :
- le calcium,
- le magnésium,
- le potassium.
Contrairement à l'hypothèse actuelle, des données scientifiques en émergence suggèrent également que l’apport total en gras d’origine alimentaire et en gras saturés pourrait ne pas nuire à la santé et pourrait même avoir un effet protecteur en matière de prévention des accidents vasculaires cérébraux.
Les données scientifiques
Une étude de cohorte prospective publiée en 2009 a suivi 41 526 Japonaises et Japonais de 1990 à 2003. Les participants étaient âgés de 40 à 59 ans et n'avaient aucun antécédent de maladies cardiovasculaires ou de cancer. L'étude a démontré que les apports en calcium total et en calcium laitier étaient tous deux associés à un risque significativement moins élevé d'accidents vasculaires cérébraux1.
- L’apport en calcium total était associé à une réduction significative de 30 % du risque d'accidents vasculaires cérébraux totaux et d'hémorragies intraparenchymateuses et de 28 % du risque d’accidents vasculaires cérébraux ischémiques après ajustement pour les facteurs confondants;
- Le calcium laitier était associé à une réduction significative de 31 % du risque d’accidents vasculaires cérébraux totaux et d'accidents ischémiques cérébraux;
- Le calcium non laitier n'était pas significativement associé au risque, et ce, pour quel objectif principal que ce soit.
De 1988 à 1990, les participants d’une sous-cohorte de la Japan Collaborative Cohort Study, composée de 21 068 hommes et de 32 319 femmes sans antécédents d’accidents vasculaires cérébraux, de maladies coronariennes ou de cancer, ont rempli des questionnaires portant sur leur consommation de lait, de fromage et de yogourt2. Selon les résultats :
- Les personnes qui faisaient partie du quintile de consommation de produits laitiers le plus élevé fumaient moins, consommaient moins d’alcool, avaient des apports totaux en énergie et en potassium plus élevés et étaient moins susceptibles d’avoir des antécédents d'hypertension que les personnes qui faisaient partie du quintile le moins élevé;
- Un apport plus élevé en calcium laitier était aussi associé à un taux de mortalité par accidents vasculaires cérébraux et maladies cardiovasculaires significativement plus faible, après ajustement pour les facteurs confondants;
- L’effet du calcium total était moins important que celui du calcium laitier. Même si le calcium total avait tendance à être inversement associé à la mortalité par accidents vasculaires cérébraux totaux et ischémiques chez les hommes et les femmes, la seule association statistiquement significative était celle de mortalité par accidents vasculaires cérébraux totaux chez les femmes.
Risque relatif du quintile le plus élevé d'apport en calcium laitier par rapport à celui du quintile le moins élevé
| Causes de mortalité : | Hommes | Femmes |
|---|---|---|
| Accidents vasculaires cérébraux totaux | 0,53 (p < 0,01) | 0,57 (p < 0,04) |
| Accidents vasculaires cérébraux hémorragiques | 0,46 (ns) | 0,51 (p < 0,04) |
| Accidents ischémiques cérébraux | 0,53 (p < 0,01) | 0,50 (ns) |
| Maladies cardiovasculaires | 0,73 (ns) | 0,77 (p < 0,01) |
| ns = non significatif |
Au Japon, les accidents vasculaires cérébraux demeurent le type de maladie cardiovasculaire le plus courant. Il a été observé que les apports en calcium dans ce pays sont faibles, comparativement à ceux des pays occidentaux. Selon des enquêtes nationales sur la nutrition, en 2004, l'apport moyen en calcium laitier au Japon était de 500 mg chez les hommes et de 528 mg chez les femmes, tandis qu’aux États-Unis, il était de 966 mg et de 765 mg respectivement, selon la NHANES 1999-20002. Des études effectuées aux États-Unis arrivent à des conclusions similaires à celles des études effectuées au Japon.
Les données issues de la cohorte prospective Nurses’ Health Study, regroupant 85 764 femmes de 34 à 59 ans, ont démontré que les apports en calcium, en potassium et en magnésium étaient tous inversement associés aux risques relatifs d'accidents ischémiques cérébraux ajustés pour l'âge et le tabagisme3.
- Dans une analyse multivariée, les femmes du quintile supérieur d’apport en calcium présentaient un risque relatif ajusté de 0,69, ou un risque réduit de 31 % d’accidents ischémiques cérébraux, ptendance = 0,03, comparativement à celles du quintile d’apport inférieur;
- D’autres ajustements simultanés pour l’apport en calcium et en potassium ont suggéré une association indépendante pour l'apport en calcium;
- L'association inverse établie pour le calcium était plus forte pour l’apport en calcium laitier que pour l’apport en calcium non laitier;
- Des apports > 600 mg de calcium n’ont pas semblé réduire le risque davantage;
- Les apports en calcium, en potassium et en magnésium n'ont pas été associés au risque d'autres sous-types d’accidents vasculaires cérébraux.
Des résultats similaires ont été observés dans le Honolulu Heart Program, une étude de cohorte prospective à laquelle ont pris part 3 150 hommes plus âgés (de 55 à 68 ans) d'ascendance japonaise résidant sur l'île hawaïenne d'Oahu et qui ont été suivis pendant 22 ans4. Les résultats ont montré que :
- L'incidence d’accidents vasculaires cérébraux chez les hommes qui ne consommaient pas de lait était deux fois plus élevée que chez les hommes qui en consommaient 16 onces et plus par jour (7,9 vs 3,7 pour cent respectivement, p < 0,05);
- Les taux d’accidents vasculaires cérébraux thromboemboliques ont diminué significativement avec un apport accru en calcium alimentaire provenant des produits laitiers (p < 0,01);
- Les taux d’accidents vasculaires cérébraux thromboemboliques ont diminué significativement avec un apport accru en calcium alimentaire provenant de toutes sources et avec une augmentation de la consommation de lait (p < 0,05);
- L’apport en calcium de sources non laitières n’a pas été associé aux accidents vasculaires cérébraux.
Les mécanismes potentiels
Bien que les mécanismes responsables de l’association inverse entre la consommation de produits laitiers et les accidents vasculaires cérébraux ne soient pas encore élucidés, une association existe néanmoins entre la consommation de produits laitiers et la prévention de l'hypertension, un facteur de risque clé des accidents vasculaires cérébraux.
Par exemple, des réductions de tension artérielle de l'ampleur de celles obtenues avec la diète DASH – riche en produits laitiers, en fruits et en légumes – pourraient se traduire par une réduction de 15 % de la cardiopathie ischémique et de 27 % des accidents vasculaires cérébraux5.
Les produits laitiers pourraient également jouer un rôle important sur le poids santé et dans la prévention du syndrome métabolique, ainsi que du diabète de type 2, qui sont eux aussi des facteurs de risque clés des accidents vasculaires cérébraux.
Certaines des composantes des produits laitiers autres que le calcium pourraient jouer un rôle, notamment le magnésium et le type de gras. Dans l’Atherosclerosis Risk in Communities Study, l’apport en magnésium alimentaire a été inversement associé aux accidents ischémiques cérébraux6. Des données scientifiques en émergence suggèrent que les apports en gras total et en gras saturés pourraient ne pas nuire à la santé et même avoir un effet protecteur. Des données provenant de la Framingham Heart Study, une étude comptant 832 hommes de 45 à 65 ans, ont révélé que les apports en gras total, en gras saturés et en gras monoinsaturés étaient associés significativement à une réduction du risque d'accidents ischémiques cérébraux7. Cependant, dans le cadre de la Health Professionals Follow-up Study, qui a suivi pendant 14 ans plus de 43 000 professionnels de la santé américains, aucune association significative n’a été observée entre l’apport en gras total et en sous-types de gras et le risque d’accidents vasculaires cérébraux8.
Conclusions
À ce jour, il existe des données scientifiques fiables indiquant qu’une consommation de produits laitiers adéquate ou plus élevée pourrait réduire significativement les facteurs de risques associés aux maladies cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux ainsi que l'incidence d’accidents vasculaires cérébraux à proprement dit.
Des études randomisées et des études mécanistes sont nécessaires afin que l’on puisse obtenir des réponses plus concluantes.
Puisque des données scientifiques en émergence suggèrent que le type de gras pourrait jouer rôle potentiel, il est nécessaire d'effectuer des études supplémentaires sur le rôle de produits laitiers spécifiques, y compris ceux avec une teneur en matières grasses plus élevée et ceux avec une plus faible teneur.
Références
- Umesawa M et coll. Dietary calcium intake and risks of stroke, its subtypes, and coronary heart disease in Japanese: the JPHC Study Cohort I. Stroke 2008;39:1-8.
- Umesawa M et coll. Dietary intake of calcium in relation to mortality from cardiovascular disease: the JACC Study. Stroke 2006;37:20-26.
- Iso H et coll. Prospective study of calcium, potassium, and magnesium intake and risk of stroke in women. Stroke 1999;30:1772-1779.
- Abbott RD et coll. Effect of dietary calcium and milk consumption on risk of thromboembolic stroke in older middle-aged men: the Honolulu Heart Program. Stroke 1996;27:813-818.
- Appel LJ et coll. A clinical trial of the effects of dietary patterns on blood pressure. N Engl J Med 1997;336(16):1117-1124.
- Ohira T et coll. Serum and dietary magnesium and risk of ischemic stroke. Am J Epidemiol 2009;169(12):1437-1444.
- Gillman MW et coll. Inverse association of dietary fat with development of ischemic stroke in men. JAMA 1997;278(24):21452150.
- He K et coll. Dietary fat intake and risk of stroke in male US healthcare professionals: 14 year prospective cohort study. BMJ 2003;327:1-6.
Mots-clé(s) : accident vasculaire cérébral, maladie cardiovasculaire
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