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Diabète de type 2
Bien que la relation entre la consommation de lait et le diabète de type 2 soit un domaine de recherche en émergence, les données recueillies jusqu’à présent suggèrent qu’une consommation adéquate ou plus élevée de produits laitiers pourrait réduire le risque de diabète de type 2, tant chez les hommes que chez les femmes.
Sommaire
Les mécanismes exacts sous-jacents à cette relation demeurent incertains. Toutefois, il semble qu’une consommation adéquate ou plus élevée de produits laitiers soit associée à une réduction significative et marquée du risque de syndrome métabolique, un important facteur de risque du diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Plusieurs composantes ou caractéristiques des produits laitiers pourraient être responsables de ce rôle bénéfique, notamment leur faible indice glycémique et les nutriments suivants :
- le calcium,
- le magnésium,
- la vitamine D.
Les données scientifiques
Une revue systématique avec méta-analyse, publiée en 2008 révèle des résultats très prometteurs. En effet, les auteurs ont conclu, après avoir examiné les données provenant de 4 études de cohorte prospective portant sur la consommation de produits laitiers, que le risque relatif de diabète de type 2 était près de 10 % inférieur chez les gens dont la consommation de lait était élevée1.
Une seconde revue systématique avec méta-analyse publiée en 2007 a démontré que le calcium, la vitamine D et les produits laitiers étaient impliqués dans la réduction du risque de diabète de type 2 et du syndrome métabolique — un facteur de risque important de diabète de type 22.
- Les données d’études de cohorte prospectives indiquent qu’une consommation adéquate ou plus élevée de produits laitiers réduit significativement le risque de diabète de type 2, rapport de cotes sommaire (RC sommaire) = 0,86 (IC à 95 %, 0,79 – 0,93) pour la consommation la plus élevée (3 à 5 portions/jour) comparativement à la plus basse (< 1,5 portions/jour);
- La prévalence de syndrome métabolique était de 0,71 (IC à 95 %, 0,57 – 0,89) pour la consommation la plus élevée (3 à 4 portions/jour) de produits laitiers comparativement à la plus basse (0,9 à 1,7 portions/jour);
- Les apports de calcium moins élevés sont associés inversement à une incidence de diabète de type 2 ou de syndrome métabolique, et ce de manière constante;
- Le RC sommaire était de 0,82 (IC à 95 %, 0,72 – 0,93) pour l’apport en calcium le plus élevé, comparativement à l’apport le plus faible (661-1200 mg/jour versus 219-600 mg/jour);
- Les données provenant d’études d’observation suggèrent qu’il existe une association entre un faible état nutritionnel en vitamine D et de faibles apports en calcium et le diabète de type 2 et le syndrome métabolique;
- Après une analyse multivariée, les données de la Nurses Health Study indiquent que les femmes dont l’apport est le plus élevé en calcium (>1200 mg/jour) et en vitamine D (> 800 mg/jour) présentent 33 % moins de risques de diabète de type 2 comparativement aux femmes dont l’apport est le plus bas en calcium (< 600 mg/jour) et en vitamine D (< 400 UI/jour);
- Le risque le plus bas observé avec la combinaison de calcium et de vitamine D était plus important que celui observé avec les apports les plus élevés en ces deux nutriments pris isolément, ce qui suggère que ces deux nutriments semblent agir en synergie pour avoir un effet sur le risque de diabète de type 2.
Les données provenant de la Health Professionals Follow-up Study, une étude longitudinale continue menée auprès de professionnels de la santé de sexe masculin (âge moyen de 53 ans au départ) et amorcée en 1986, indiquent, après ajustement des facteurs confondants importants, qu’une consommation plus élevée de produits laitiers totaux réduit le risque de diabète de type 2 chez les hommes3. Les données suivantes ont été obtenues après une période de suivi de 12 ans :
- Dans une cohorte de 41 254 participants n’ayant aucun antécédent de diabète, de maladies cardiovasculaires ou de cancer, on a répertorié 1 243 nouveaux cas de diabète de type 2;
- Les hommes appartenant au quintile le plus élevé de consommation de produits laitiers totaux (≥ 2,9 portions de produits laitiers à pleine teneur ou à teneur réduite en gras, excluant le beurre) présentaient un risque réduit de 23 % de diabète de type 2 comparativement à ceux appartenant au quintile le moins élevé (< 0,9 portion), après ajustement des facteurs potentiellement confondants tels que l’indice de masse corporelle (IMC), l’activité physique et les facteurs de risque alimentaires connus. Cette diminution représente un risque relatif (RR) de 0,77 (ptendance = 0,003);
- Chaque augmentation de portions quotidiennes de produits laitiers totaux était associée à une diminution significative de 9 % du risque de diabète de type 2 (RR = 0,91; ptendance < 0,001);
- Le RR correspondant était de 0,88 pour une consommation de produits laitiers à teneur réduite en gras, alors qu’une consommation de produits laitiers à pleine teneur en gras ne représentait ni un risque ni un avantage vis-à-vis du diabète (RR = 0,99).
De plus, les données provenant de la Women’s Health Study ont démontré des résultats similaires chez les femmes. En effet, dans une étude de cohorte prospective regroupant 37 183 femmes (âge moyen de 55 ans au départ) n’ayant aucun antécédent de maladies cardiaques, d’accident vasculaire cérébral ou de cancer, on a répertorié 1 603 nouveaux cas de diabète de type 2 pendant la période de suivi de 10 ans. Une consommation plus élevée de produits laitiers totaux était associée à un risque significativement plus faible de diabète de type 2, après ajustements des facteurs confondants importants4.
- Les femmes appartenant au quintile le plus élevé de consommation de produits laitiers totaux (> 2,9 portions de produits laitiers à pleine teneur ou à teneur réduite en gras, excluant le beurre) présentaient un risque réduit de 21 % de diabète de type 2 comparativement à celles appartenant au quintile le moins élevé (< 0,85 portion), après ajustement des facteurs potentiellement confondants, y compris l’énergie totale, le gras total, le calcium, la vitamine D, le magnésium et la charge glycémique. Cette diminution représente un RR de 0,79 (ptendance = 0,007);
- Chaque portion quotidienne augmentant la consommation de produits laitiers totaux était associée à une diminution de 4 % du risque de diabète de type 2;
- Cette association inverse semble être principalement due aux produits laitiers à teneur réduite en gras. En effet, les femmes appartenant au quintile le plus élevé de consommation de produits laitiers à teneur réduite en gras présentaient un risque réduit de 36 % de diabète de type 2 comparativement à celles appartenant au quintile le moins élevé (RR = 0,64; ptendance = 0,0001);
- La consommation de yogourt était inversement associée au risque de diabète de type 2. Les femmes qui en consommaient deux portions ou plus par semaine présentaient un risque réduit de 18 % de diabète de type 2 comparativement à celles qui en consommaient < 1 portion par mois (RR = 0,82; ptendance = 0,03).
De façon similaire, une étude de cohorte prospective comprenant 41 186 femmes américaines de race noire provenant de la Black Women’s Health Study, a démontré qu’une consommation plus élevée de produits laitiers était associée à une réduction significative du risque de diabète de type 2.5
- Les femmes qui consommaient une portion quotidienne ou plus de produits laitiers à teneur réduite en gras présentaient 13 % moins de risque de diabète de type 2, comparativement aux femmes qui consommaient moins d’une portion par semaine, après ajustement pour les facteurs de risque importants;
- Un apport plus élevé en magnésium était associé significativement à un risque réduit de diabète de type 2;
- Un apport plus élevé en calcium n’était pas associé de façon indépendante au risque de diabète de type 2;
- Parmi les sources alimentaires, la consommation de grains entiers et de produits laitiers à teneur réduite en gras étaient associés à un risque plus faible de diabète de type 2.
Les études mentionnées ci-dessus ont été réalisées dans un contexte de mode de vie occidental. Par ailleurs, une étude publiée en 2009 a évalué l’apport en calcium et en magnésium ainsi que la consommation de lait d’une cohorte prospective de femmes chinoises d'âge moyen6. En effet, la Shanghai Women’s Health Study, une étude prospective regroupant 64 191 femmes d’âge moyen (de 40 à 70 ans) qui, au départ, ne souffraient pas de diabète de type 2 ou d’autres maladies chroniques, démontre une association inverse entre l’apport en calcium (provenant de toutes les sources) et en magnésium (provenant uniquement du lait et de sources animales) et le risque de diabète de type 26. La consommation de lait était aussi associée à un risque réduit de diabète de type 2. Lorsque le lait frais était comparé au lait en poudre, un rapport dose-efficacité était observé6.
- Les femmes appartenant au quintile le plus élevé d’apport en calcium (649,9 mg/jour provenant de toutes les sources) présentaient un risque significativement plus faible (RR = 0,73; ptendance < 0,0001) de diabète de type 2 comparativement à celles appartenant au quintile le moins élevé (277,5 mg/jour);
- Les femmes dont l'apport en calcium provenant du lait était le plus élevé (208 mg/jour) présentaient une réduction significative de 36 % du risque de diabète de type 2 comparativement à celles qui n'avaient aucun apport en calcium provenant du lait;
- Les femmes dont l'apport en magnésium provenant du lait était le plus élevé (22 mg/jour) présentaient une réduction significative de 34 % du risque de diabète de type 2 comparativement à celles qui n'avaient aucun apport en magnésium provenant du lait;
- Les femmes qui consommaient du lait présentaient un risque moins élevé de diabète de type 2 par rapport à celles qui n’en consommaient pas. Comparativement aux femmes qui ne consommaient pas de lait, celles qui en prenaient avaient un risque de diabète de type 2réduit de 36 % à 40 %, et cette réduction était plus importante chez celles qui en consommaient le plus (> 200 g/jour);
- Bien que la teneur en matières grasses du lait n’ait pas été évaluée, il est connu que la plupart des participantes de cette population ont seulement accès à du lait entier.
Les mécanismes potentiels
Les mécanismes sous-jacents à l’association inverse entre la consommation de produits laitiers et le diabète de type 2 demeurent incertains.
Le calcium et la vitamine D pourraient réduire le risque de diabète de type 2 par le biais de leur rôle sur la modulation de la fonction des cellules bêta pancréatiques, de l’insulinorésistance et de l’inflammation6.
Les produits laitiers dans l’ensemble ont également été associés au syndrome métabolique, un facteur de risque très important de diabète de type 2.
Conclusions
À ce jour, il existe des données scientifiques fiables qui démontrent de façon constante qu’une consommation adéquate ou plus élevée de produits laitiers pourrait réduire significativement le risque de diabète de type 2.
Des études randomisées et des études mécanistes sont par contre nécessaires afin contre que l'on puisse obtenir des réponses définitives.
Références
- Elwood PC et coll. The survival advantage of milk and dairy consumption: an overview of evidence from cohort studies of vascular diseases, diabetes and cancer. J Am Coll Nutr 2008;27(6):723S-734S.
- Choi HK et coll. Dairy consumption and risk of type 2 diabetes mellitus in men. Arch Intern Med 2005;165:997-1003.
- Van Dam RM et coll Dietary calcium and magnesium, major food sources, and risk of type 2 diabetes in U.S. Black women. Diabetes Care 2006;29(10):2238-2243.
- Liu S et coll. A prospective study of dairy intake and the risk of type 2 diabetes in women. Diabetes Care 2006;29(7):1579-1584.
- Villegas R et coll. Dietary calcium and magnesium intakes and the risk of type 2 diabetes: the Shanghai Women’s Health Study. Am J Clin Nutr 2009;89(4):1059-1067.
- Pittas AG et coll. The role of vitamin D and calcium in type 2 diabetes. A systematic review and meta-analysis. J Clin Endocrinol Metab 2007;92(6):2017-2029.
Mots-clé(s) : diabète de type 2, syndrome métabolique
Pleins feux sur la nutrition
Examine the relationship between milk product consumption and diabetes prevention and management.
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