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Syndrome métabolique
Le syndrome métabolique est défini comme étant une combinaison de symptômes interreliés (voir tableau 1) qui augmente de façon marquée le risque de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.
Sommaire
Ce syndrome touche environ un quart de la population adulte dans le monde occidental.
Bien qu’une saine alimentation et la pratique régulière d'activité physique soit des facteurs importants dans la gestion du syndrome métabolique, les effets qu’ont certains aliments spécifiques sur son développement ne sont pas bien compris à ce jour. Il existe en effet des données scientifiques en émergence provenant d’études populationnelles à grande échelle qui indiquent qu’une consommation adéquate ou plus élevée de produits laitiers pourrait avoir un rôle protecteur contre le syndrome métabolique. Les mécanismes exacts par lesquels les produits laitiers pourraient offrir une protection demeurent toutefois incertains. Plusieurs composantes ou caractéristiques des produits laitiers pourraient être responsables de ce rôle bénéfique, notamment leur faible indice glycémique et les nutriments suivants :
- le calcium,
- les protéines,
- les peptides bioactifs,
- les acides linoléiques conjugués (ALC), contenus dans le gras laitier,
- le magnésium,
- le potassium,
- la vitamine D.
Les données scientifiques
L’association entre la consommation de lait, le mode de vie, les composantes du syndrome métabolique et l’insulinorésistance a été examinée dans une étude transversale menée auprès de 365 enfants d'âge scolaire (âge moyen de 10 ans) provenant de deux écoles primaires de banlieues à revenu faible de Buenos Aires, en Argentine1.
- Les enfants qui consommaient ≥ 4 portions/jour de lait (principalement du lait entier) avaient un profil significativement meilleur quant au tour de taille, la tension artérielle systolique et de l’insulinorésistance comparativement à ceux qui consommaient ≤ 1 portion/jour, après avoir contrôlé pour les facteurs confondants importants;
- Une consommation plus élevée de lait était associée à un mode de vie plus sain;
- Après ajustement pour d’autres caractéristiques d’une alimentation et d’un mode de vie sains, la consommation de lait demeurait inversement et significativement associée à l’insulinorésistance, tandis que la consommation de fruits et de légumes ne l’était pas.
Dans une étude de cohorte prospective regroupant 2,512 hommes (de 45 à 59 ans) du Royaume-Uni, la consommation de lait et de produits laitiers était associée à une réduction significative du risque de syndrome métabolique.2
- Les hommes qui buvaient 1 pinte (16 onces) lait ou plus par jour présentaient un risque réduit de 62 % de syndrome métabolique comparativement à ceux qui buvaient peu ou pas de lait (risque relatif [RR] = 0,38, ptendance = 0,02);
- Les hommes qui avaient la consommation de produits laitiers totaux la plus élevée (lait, fromage, crème, beurre, yogourt) présentaient un risque réduit de 60 % de syndrome métabolique comparativement à ceux qui avaient la consommation la moins élevée (RR = 0,40, ptendance = 0,003).
Dans une étude populationnelle transversale regroupant 827 adultes (357 hommes, 470 femmes) à Téhéran, une consommation plus élevée de produits laitiers était associée à un risque réduit de syndrome métabolique3.
- Les participants du quartile le plus élevé de consommation de produits laitiers (≥ 3,1 portions/jour de lait, de yogourt ou de fromage) couraient moins de risque de développer le syndrome métabolique (rapport de cotes = 0,69, ptendance < 0,02);
- Une consommation plus élevée de produits laitiers était associée à un plus faible Indice de masse corporelle (IMC) (quartile le plus élevé = 24,0 kg/m2, comparativement au quartile le moins élevé = 26,7 kg/m2) et à une alimentation plus saine de façon générale, alimentation qui comprenait plus de fibres alimentaires, de fruits, de légumes et de grains entiers.
L’étude Coronary Artery Risk Development in Young Adults (CARDIA), une étude de cohorte prospective menée sur 10 ans regroupant 3 157 adultes de 18 à 30 ans, a aussi démontré qu’une consommation plus élevée de produits laitiers était associée significativement à une incidence plus faible de syndrome métabolique et de chacune de ses composantes chez les personnes qui présentaient un excès de poids (IMC ≥ 25 kg/m2) au début de l'étude4.
- Les personnes qui consommaient le plus grand nombre de portions de produits laitiers (≥ 5 portions/jour), peu importe leur teneur en matières grasses, présentaient une réduction significative de 72 % du risque de syndrome métabolique, comparativement à celles qui consommaient le moins grand nombre de portions (< 1,5 portion/jour);
- Les associations étaient dose-dépendantes : chaque portion quotidienne de produits laitiers était associée une réduction significative de 21 % du risque de syndrome métabolique.
Une étude transversale à grande échelle conçue spécifiquement pour évaluer les types d’aliments associés au syndrome métabolique a également suggéré une association inverse entre les produits laitiers et le pain et le syndrome métabolique chez les hommes (n = 2 439), mais pas chez les femmes (n = 2 537), après ajustement pour l’âge, l’apport énergétique et le ratio taille:hanches5.
- Chez les personnes qui consommaient ≥ 1 portion de produits laitiers, la prévalence de syndrome métabolique était significativement réduite de 40 %;
- Toutes les composantes du syndrome métabolique étaient significativement moins élevées chez les hommes qui consommaient des produits laitiers comparativement à ceux qui n’en consommaient pas;
- L’association inverse entre la consommation de lait et le syndrome métabolique chez les femmes se limitait à une seule composante du syndrome (la tension artérielle diastolique).
Toutefois, une étude regroupant 4 024 femmes britanniques de 60 à 79 ans a démontré des résultats différents. Cette analyse transversale secondaire des données de la British Women’s Heart and Health Study indique que les femmes qui ne buvaient jamais de lait couraient moins de risque de syndrome métabolique que celles qui en buvaient. Le rapport de cotes était de 0,55, ptendance = 0,036. L’une des limites de cette étude est que les auteurs n’ont pas examiné la quantité de lait ou d’autres produits laitiers consommée. De plus, cette étude n’était initialement pas conçue pour vérifier l’hypothèse d’une relation entre le lait et le syndrome métabolique. Par conséquent, il ne s’agit pas d’une étude aussi fiable que les études mentionnées précédemment quant à l’évaluation de cette relation.
Dans une autre étude transversale regroupant 1 896 Néerlandaises et Néerlandais plus âgés (de 50 à 75 ans), une consommation plus élevée de produits laitiers totaux avait tendance à être associée à une tension artérielle plus faible et à un taux de triglycérides moins élevé, mais pas au poids ou à d’autres composantes du syndrome métabolique7.
TABLEAU 1
Identification clinique du syndrome métabolique8 (critère = 3 facteurs de risque ou plus)
| Facteur de risque | Niveau déterminant |
|---|---|
| Obésité abdominale | Tour de taille |
| Hommes | > 102 cm |
| Femmes | > 88 cm |
| Taux de triglycérides | ≥ 1.7 mmol/l |
| Taux de cholestérol HDL | < 1.0 mmol/l |
| Hommes | < 1.3 mmol/l |
| Femmes | |
| Tension artérielle | ≥ 130/85 mm de Hg |
| Glycémie à jeun | 6,2 à 7,0 mmol/l |
Les mécanismes potentiels
Les mécanismes potentiels par lesquels la consommation de produits laitiers pourrait réduire le risque de syndrome métabolique sont encore incertains. Des données provenant de plusieurs études démontrent qu’une consommation plus élevée de produits laitiers pourrait avoir un rôle bénéfique sur des composantes du syndrome métabolique, en particulier l’hypertension et l’obésité.
Il est question de certains des mécanismes potentiels dans l’article de van Meijl et coll8. Par exemple, le calcium pourrait avoir un effet sur le syndrome métabolique en raison de son rôle sur le taux de lipide sérique, le poids corporel, la masse adipeuse et la tension artérielle9.
Conclusions
Il existe des données scientifiques émergentes fiables qui suggèrent qu’une consommation adéquate ou plus élevée de lait et de produits laitiers pourrait réduire le risque de syndrome métabolique.
Des études randomisées et des études mécanistes sont nécessaires afin que l’on puisse obtenir des réponses définitives.
Références
- Hirschler V et coll. Inverse association between insulin resistance and frequency of milk consumption in low-income Argentinean school children. J Pediatr 2009;154:101-105.
- Elwood PC et coll. Milk and dairy consumption, diabetes and the metabolic syndrome: the Caerphilly prospective study. J Epidemiol Community Health 2007;61:695-698.
- Azadbakht L et coll. Dairy consumption is inversely associated with the prevalence of the metabolic syndrome in Tehranian adults. Am J Clin Nutr 2005;82:523-530.
- Pereira MA et coll. Dairy consumption, obesity, and the insulin resistance syndrome in young adults: the CARDIA Study. JAMA 2002;287:2081-2089.
- Mennen L et coll. Possible protective effect of bread and dairy products on the risk of the metabolic syndrome. Nutr Res 2000;20:335-347.
- Lawlor DA et coll. Avoiding milk is associated with a reduced risk of insulin resistance and the metabolic syndrome: findings from the British Women’s Heart and Health Study. Diabet Med 2005;22:808-811.
- Snijder MB et coll. Is higher dairy consumption associated with lower body weight and fewer metabolic disturbances? The Hoorn Study. Am J Clin Nutr 2007;85:989-995.
- Genest J et coll. Recommendations for the management of dyslipidemia and the prevention of cardiovascular disease: 2003 Update. CMAJ 2003;169(9):921-924. On-line appendix:1-10.
- van Meijl LEC et coll. Dairy product consumption and the metabolic syndrome. Nutr Res Rev 2008;21:148-157.
Mots-clé(s) : syndrome métabolique, maladie cardiovasculaire, diabète de type 2
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