Obésité : une vue d'ensemble
Depuis environ 20 ans, la prévalence accrue de l’obésité tant au Canada que dans les autres pays industrialisés à travers le monde a atteint un sommet sans précédent.
Il n’est pas étonnant que l’Organisation mondiale de la Santé ait classé l’obésité parmi les dix problèmes les plus préoccupants. Les experts prédisent d’ailleurs qu’elle devancera bientôt le tabagisme comme première cause de décès évitable1.
Les plus récentes données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes : Nutrition2 ont révélé que près du quart (23,1 %) des adultes de 18 ans et plus sont obèses. L’augmentation se manifeste dans chaque groupe d’âge, sauf chez les personnes de 64 à 74 ans. De plus, 36,1 % des adultes présentent un excès de poids (7%)2.
Loin d’être un problème simple, l’obésité est une maladie chronique complexe à l’étiologie diverse3. En termes simples, il y aurait interaction entre la génétique et l’environnement. Des études menées auprès de jumeaux identiques élevés séparément suggèrent que la contribution génétique à l’indice de masse corporelle pourrait être considérable4. Une théorie faisant l’unanimité propose l’hypothèse d’une interaction complexe «génotype – environnement » par laquelle les personnes ayant un génotype prédisposé pourraient présenter un risque accru d’obésité dans une société (c.-à-d. un environnement) propice au gain de poids5.
La satiété n’est désormais plus le facteur déterminant la fin d’un repas, c’est plutôt le fait qu’il ne reste plus rien dans l’assiette6. On a servi au hasard, à de jeunes adultes américains en santé, quatre portions différentes de pâtes alimentaires (500 g, 625 g, 750 g ou 1 000 g) à l’heure du dîner une fois par semaine, pendant quatre semaines. Les participants ayant été autorisés à manger à volonté, leur consommation alimentaire était accrue de 30% lorsqu’on leur servait les plus grosses portions comparativement aux plus petites (p<0,0001)6, une augmentation non nécessaire de 160 calories. Le problème est exacerbé par le fait que, dans notre société, depuis les dernières décennies, « terminer son assiette » est devenu un impératif moral.
Cependant, tout n’est pas uniquement une question d’équilibre énergétique. Il s’agit aussi bien évidemment des mauvais choix alimentaires que tant de consommateurs font beaucoup trop souvent : des aliments pauvres en nutriments et riches en gras et en énergie, tels que les produits de boulangerie commerciaux, les grignotises et les boissons sucrées.
Si vous pensez qu’il s’agit là d’un problème d’adultes, détrompez-vous. En effet, l’augmentation de l’obésité chez les enfants est renversante en comparaison avec la situation chez les adultes. Depuis 1978-1979, le taux d’excès de poids et d’obésité chez les enfants de 2 à 17 ans des deux sexes a augmenté de près de 70 %. Chez les enfants de 2 à 5 ans, ce taux n’a pratiquement pas changé7. Cependant, le taux d’excès de poids et d’obésité chez les jeunes de 12 à 17 ans a plus que doublé et celui d’obésité a triplé7. Cela est particulièrement important, car l’adolescence constitue une période déterminante dans le développement de l’obésité à l’âge adulte7. Les enfants souffrent de plus en plus de problèmes de santé auparavant considérés comme des problèmes d’adultes. L’incidence du diabète de type 2, par exemple, croît de manière exponentielle chez les enfants8. Cette prévalence d’excès de poids chez les enfants augmente dans le monde entier, mais, pour une raison inconnue, le Canada semble figurer parmi les pays les plus touchés9.
Tels que publié dans L’Actualité médicale
La prévention de l’obésité : des solutions (Format PDF. Adobe Reader nécessaire.)
La prévalence de l’obésité au Canada a augmenté de 70 % chez les adultes et a fait un bond stupéfiant de 270 % chez les enfants. Cet article incite à la réflexion. Parce qu’ils cherchent à mieux promouvoir la connaissance et la compréhension de ce problème profond, les Producteurs laitiers du Canada ont collaboré à la publication d’un supplément paru dans L’Actualité médicale par l’entremise d’une subvention à visée éducative. Ce supplément, publié par Les Éditions Santé et Finance de Rogers a initialement paru dans le numéro du 22 novembre 2005.
Angelo Tremblay, Ph.D., Ian Janssen, Ph.D., Lyne Mongeau, Dt.P., et Marielle Ledoux, Ph.D. ont accepté d'y apporter leur expertise.
Article reproduit en format PDF avec la permission des Éditions Rogers Santé et Finance.
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Références
- Manson JE et Bassuk SS. 2003. Obesity in the United States. A fresh look at its high toll. JAMA 289:229-230.
- Tjepkema M. 2005. Measured Obesity, Adult obesity in Canada: Measured height and weight from Nutrition: Findings from the Canadian Community Health Survey, Issue no.1, Component of Statistics Canada Catalogue no. 82-620-MWE2005001.
- Expert Panel on the Identification, Evaluation, and Treatment of Overweight and Obesity in Adults. 1998. Clinical guidelines on the identification, evaluation, and treatment of overweight and obesity in adults: executive summary. Am J Clin Nutr 68:899-917.
- Stunkard AJ et coll. 1990. The body-mass index of twins that have been reared apart. N Eng J Med 322:1483-1487.
- Katzmarzyk PT. 2002. The Canadian obesity epidemic: an historical perspective. Obes Res 10:666-674.
- Rolls BJ et coll. 2002. Portion size of food affects energy intake in normal-weight and overweight men and women. Am J Clin Nutr 76:1207-1213.
- Sheilds Margot. 2005. Measured Obesity, Overweight Canadian children and adolescents from Nutrition: Findings from the Canadian Community Health Survey, Issue no. 1, Component of Statistics Canada Catalogue no. 82-620-MWE2005001.
- Vivian EM. 2006. Type 2 diabetes in children and adolescents—the next epidemic? Curr Med Res Opin 22:297-306.
- Janssen I et coll. 2005. Comparison of overweight and obesity prevalence in school-aged youth from 34 countries and their relationships with physical activity and dietary patterns. Obes Rev 6:123-132.
Mots-clé(s) : obésité, études sur la santé
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