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Santé osseuse : études chez les enfants et adolescents

Une méta-analyse, publiée en 2008, de 21 études randomisées effectuées chez 3 821 enfants de 4 à 17 ans (comportant 82 % de filles) et portant sur le rôle des produits laitiers et du calcium alimentaire sur le contenu minéral osseux chez les enfants a révélé de nombreux bienfaits1 :

  • Parmi les études menées auprès d'enfants ayant de faibles apports en calcium au début de l’étude, des bienfaits significatifs de la consommation de produits laitiers ou la prise de suppléments de calcium sur le contenu minéral osseux ont été observés ;
  • Des apports en calcium du niveau de ceux utilisés dans les études pertinentes ont permis d’augmenter le contenu minéral osseux total de près de 50 g en moyenne (49,9 g; IC à 95 %, 24,0–76,6) sur 18 à 24 mois;
  • Une augmentation de l’apport en calcium alimentaire ou de la consommation de produits laitiers, avec et sans vitamine D, augmentait significativement le contenu minéral osseux total de la colonne lombaire chez les enfants ayant un faible apport en calcium au début de l'étude.

La Framingham Children’s Study, qui a recueilli des données alimentaires sur une période de 12 ans chez 106 enfants de 3 à 5 ans au début de l’étude, a évalué les effets de la consommation de produits laitiers sur des paramètres de santé des os chez des adolescents de 15 à 17 ans. Le contenu minéral osseux et la surface osseuse de l’ensemble du corps et de six régions spécifiques (les bras, le tronc, les côtes, le bassin et la colonne vertébrale) représentaient les objectifs principaux de l’étude2 :

  • La consommation de produits laitiers entre les âges de 13 à 17 ans était un prédicteur de santé des os plus fort que la consommation à un plus jeune âge;
  • Les enfants qui consommaient 2 portions/jour ou plus de produits laitiers avaient une santé osseuse significativement meilleure (contenu minéral osseux, surface osseuse, densité minérale osseuse) comparativement aux enfants qui consommaient moins de 2 portions/jour;
  • Une consommation plus élevée de viande et d’autres protéines (4 portions/jour ou plus) était aussi associée à une moyenne plus élevée du contenu minéral osseux et de la surface osseuse;
  • Les enfants ayant une consommation plus élevée de produits laitiers, ainsi que de viandes et autres protéines présentaient des valeurs moyennes de contenu minéral osseux et de surface osseuse les plus élevées.

Une étude transversale, publiée en 2009 et menée auprès de 192 adolescentes et jeunes femmes en santé de 12 à 22 ans, a étudié la consommation de produits laitiers et l’apport en calcium provenant d’autres sources alimentaires3 :

  • La consommation de lait était en moyenne de 166 ml/jour (de 0 à 525 ml/jour), ce qui correspond à un apport moyen en calcium provenant du lait de 200 mg/jour, ce qui est bien en deçà des quantités recommandées pour ce groupe;
  • Le calcium provenant de chaque aliment était réparti comme suit :
    • Lait = 22 %
    • Fromage = 14 %
    • Yogourt = 11 %
    • Autres produits laitiers = 4 %
    • Autres produits non laitiers = 49 %
  • La consommation de lait n’était pas significativement associée à aucun des paramètres étudiés chez les jeunes filles dont les premières règles n'étaient pas encore apparues;
  • Le contenu minéral osseux, la densité minérale osseuse (g/cm2) et la densité minérale osseuse (cote z) étaient associés significativement à la consommation de lait chez les jeunes filles dont les premières règles étaient apparues;
  • Les adolescentes et les jeunes adultes qui consommaient moins de 55 ml/jour de lait (en moyenne 13 ml/jour) présentaient un contenu minéral osseux inférieur de 8 % et une densité minérale osseuse inférieure de 7 % à celle des filles qui consommaient plus de 260 ml/jour de lait;
  • Le pourcentage de filles souffrant d’ostéopénie était plus élevé chez celles qui consommaient peu de lait (27 %), et même davantage chez les filles de plus de 16 ans (43 %), que chez celles qui consommaient beaucoup de lait (11 %);
  • Le contenu minéral osseux et la densité minérale osseuse chez les filles ayant déjà eu leurs premières règles étaient associés significativement à l’apport en calcium, en phosphates, en magnésium, en protéines et en énergie provenant du lait, mais pas avec ces mêmes nutriments provenant d’autres sources alimentaires.

Dans une étude transversale effectuée chez 50 enfants ne buvant pas de lait (30 filles et 20 garçons) de 3 à 10 ans, la densité minérale osseuse a été évaluée par absorptiométrie biénergétique à rayons X, et les résultats de ces enfants ont été comparés à ceux de 200 enfants témoins buveurs de lait4 :

  • Les enfants qui ne buvaient pas de lait étaient significativement plus petits, avaient de plus petits squelettes, présentaient un contenu minéral osseux de l’ensemble du corps inférieur (p < 0,01) et avaient des cotes z plus basses (p < 0,05) pour la densité minérale osseuse de surface du col du fémur, du trochanter de la hanche, de la colonne lombaire, du radius ultradistal, et du tiers du radius, comparativement aux enfants du même âge, du même sexe et de la même communauté qui eux buvaient du lait;
  • Chez les enfants en pleine croissance, la non-consommation de lait de vache à long terme est associée à une petite stature et à une mauvaise santé osseuse.

Dans une étude longitudinale consistant en une étude randomisée à long terme et possédant une composante observationnelle, l'impact des suppléments de calcium et de la consommation de produits laitiers a été évalué chez des enfants prépubères sur une période de 7 ans5 .

À l'âge moyen de 15 ans, les enfants du groupe laitier étaient encore significativement plus grands et avaient des apports alimentaires en calcium et en protéines plus élevés que ceux des groupes recevant des suppléments de calcium ou un placebo :

  • Les enfants du groupe laitier avaient une densité minérale osseuse de la colonne vertébrale plus élevée à l'âge d'environ 15 ans, et cela était maintenu jusqu'à l'âge d'environ 18 ans;
  • La densité minérale osseuse de la hanche chez les enfants du groupe laitier était similaire à celle des enfants du groupe recevant des suppléments de calcium;
  • La région transversale du radius proximal était beaucoup plus grande chez les enfants du groupe laitier comparativement à celle des participants aux essais cliniques (p = 0,008);
  • De façon générale, cette étude indiquait que le calcium et les produits laitiers influencent l’acquisition de masse osseuse, ce qui a pour effet d’augmenter le pic de masse osseuse maximale.

Dans une étude transversale regroupant 649 filles de 12 à 14 ans de la région de Beijing, la relation entre l’alimentation et l’état minéral osseux a été examinée6 :

  • Les résultats ont démontré que les filles pubères de Beijing avaient une faible consommation moyenne de lait d’environ 50 g/jour, et qu'un tiers d’entre elles ne consommaient pas du tout de produits laitiers;
  • La consommation de lait comprenait la consommation de lait frais et en poudre, de lait enrichi de vitamine D et de yogourt;
  • L’apport moyen en calcium était de 356 mg/jour, dont seulement 21 % provenait du lait et de produits laitiers;
  • La consommation de lait variait par région (rurale, suburbaine et urbaine : 9 g/j,36 g/j et 83 g/jour respectivement, p < 0,0005), tout comme la proportion de consommateurs de lait dans les trois régions (30 %, 64 % et 91 % respectivement, p < 0,0005);
  • Le lait était le seul facteur compris dans les modèles de contenu minéral osseux aux quatre sites osseux mesurés;
  • Le lait était le seul groupe alimentaire démontrant une corrélation partielle significative avec le contenu minéral osseux;
  • Les résultats indiquent que le lait (vraisemblablement en tant que source intégrée de nutriments) avait un effet bénéfique sur la masse osseuse des filles pubères de Beijing et qu’il était un meilleur déterminant nutritionnel du contenu minéral osseux que la prise individuelle de n’importe quel nutriment du lait pris isolément.

Les auteurs ont conclu que la consommation de lait devrait être encouragée au sein de cette population pour l’atteinte d’une masse osseuse optimale.

Quatre-vingt-onze filles de 15 à 16 ans ayant participé à une étude randomisée de deux ans sur les effets d'une consommation élevée de produits laitiers sur les modèles alimentaires, la composition corporelle et la densité osseuse ont été recrutées un an après la fin de l'étude afin de déterminer les effets de la cessation de cette consommation élevée de produits laitiers sur la densité minérale osseuse, les habitudes alimentaires, les indicateurs biochimiques, la composition corporelle et les lipides sanguins7 :

  • Dans le groupe avec une consommation élevée, chaque fille choisissait des produits laitiers (les types n'étaient pas spécifiés), sous la direction d’une diététiste, pour satisfaire la recommandation minimale de 1 000 mg/jour de calcium;
  • Les filles du groupe avec une consommation élevée avaient des apports en calcium, en phosphore et en protéines significativement plus élevés pendant la période de supplémentation (p < 0,001). Douze mois après la fin de la supplémentation, aucune différence dans les apports n’a été observée entre les groupes;
  • Une augmentation significative de la densité minérale osseuse (p < 0,05) du trochanter (4,6 %), de la colonne lombaire (1,5 %) et du col du fémur (4,8 %) a été observée lorsque les participantes avaient une consommation plus élevée de produits laitiers représentant un apport moyen en calcium de 1 160 mg/jour;
  • Une supplémentation en produits laitiers avait aussi un effet sur le contenu minéral osseux, notamment du trochanter et, dans une moindre mesure, de la colonne lombaire.

Dans une étude randomisée d'une durée de 18 mois effectuée auprès de 82 jeunes filles blanches (âge moyen de 12 ans), l'impact d’une supplémentation en lait de 568 ml (entier ou à teneur réduite en matières grasses) sur des mesures de la santé des os a été déterminé8 :

  • La consommation de lait au début de l’étude était de 150 ml par jour dans les deux groupes. En moyenne, le groupe d’intervention a consommé 300 ml additionnels par jour tout au long de l’étude;
  • Une augmentation significativement plus importante de la densité minérale osseuse (9,6 % vs 8,5 %, p = 0,017) et du contenu minéral osseux (27,0 % vs 24,1 %, p = 0,009) a été observée dans le groupe recevant une supplémentation en lait comparativement au groupe témoin;
  • Une consommation accrue de lait a amélioré significativement l'acquisition minérale osseuse chez les adolescentes et pourrait modifier favorablement l’atteinte du pic de masse osseuse.

Une autre étude randomisée regroupant 48 filles de race blanches (âge moyen de 11 ans) a étudié l'impact d'une alimentation supplémentée en produits laitiers (fournissant un apport recommandé de 1 200 mg de calcium par jour) sur les mesures de la santé osseuse9 :

  • Les participantes du groupe produits laitiers (lait, fromage, yogourt) avaient des apports en calcium, en phosphate, en vitamine D et en protéines plus élevés que ceux du groupe témoin;
  • Pendant l'étude d'une durée d’un an, on a observé chez les participantes du groupe produits laitiers des gains significativement plus élevés de densité minérale osseuse dans les os de la colonne lombaire (22,8 % ± 6,9 % vs 12,9 % ± 8,3 %) et dans l’ensemble du corps (14,2 % ± 7,0 % vs 7,6 % ± 6,0 %) comparativement au groupe témoin;
  • Les apports alimentaires en calcium, en phosphate, en vitamine D et en protéines étaient associés à la densité osseuse lombaire et au calcium osseux de l’ensemble du corps. Ces nutriments étaient principalement fournis par les produits laitiers;
  • Les jeunes filles dont l’apport en calcium alimentaire — provenant principalement des produits laitiers — se situait dans les recommandations ou les dépassaient avaient un taux de minéralisation osseuse accru.

Mots-clé(s) : études sur la santé, santé osseuse

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