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Effets des ALC
Les effets des acides linoléiques conjugués (ALC) sur la santé sont un domaine de recherche en pleine exploration partout au monde. Cette composante mineure du gras des ruminants serait dotée d’un grand potentiel bénéfique à notre santé.
Les effets des ALC
Les ALC sont plus puissants que tous les autres acides gras pour moduler le développement d’une tumeur1. En fait, les isomères d’ALC sont les seuls acides gras naturels à présenter des propriétés antitumorales durables à des taux aussi bas que 1,0 % ou moins des gras totaux de l’alimentation2. Il faudrait environ 10 fois plus d’huile de poisson et de ses gras oméga-3 pour obtenir des bienfaits similaires1. Les ALC ne sont pas inclus sur le tableau d'étiquetage nutritionnel parce qu'ils ne correspondent pas à la définition des gras trans. Santé Canada reconnaît que les ALC puissent avoir des effets biologiques différents des autres gras trans.
Ce que les études chez les animaux nous démontrent
Jusqu’à tout récemment, les études menées sur des modèles animaux utilisaient des mélanges d’ALC commerciaux. Ces mélanges, contrairement aux ALC provenant du gras des ruminants, contiennent des quantités égales d’ALC-c9,t11 et d’ALC-t10,c12. Il a été démontré qu’un mélange contenant différents types d’ALC entraîne une réduction de l’incidence et du nombre de tumeurs mammaires en fonction de la dose administrée1. L’administration d’ALC chez les animaux avant la puberté offrirait aussi une protection contre le cancer mammaire durant la vie entière3. Cependant, une fois que la glande mammaire atteignait sa pleine maturité, les ALC devaient être administrés de façon continue pour produire le même effet3. Plus récemment, un beurre naturel enrichi d’ALC non seulement s’est révélé aussi efficace que les mélanges commerciaux d’ALC, mais était en outre emmagasiné de préférence dans le tissu adipeux4. D’autres études ont confirmé que l’acide vaccénique, en raison de sa conversion en ALC-c9,t115, double pratiquement la quantité d’ALC dans ce même tissu6.
Ce que les études chez les humains nous démontrent
À ce jour, les résultats des recherches sur les humains, qui n’en sont encore qu’à l’état embryonnaire, suggèrent que les ALC pourraient protéger les femmes contre le cancer du sein7 à 11. Par exemple, une étude menée sur des femmes postménopausées a démontré que celles consommant le plus de produits laitiers riches en ALC, en particulier du fromage, présentaient des taux sanguins plus élevés d’ALC et d’acide vaccénique et, fait plus important encore, un risque de cancer du sein inférieur de 70 %9. Il est intéressant de noter qu’une autre étude a démontré que, même lorsque l’apport en ALC était trop faible (~155 mg) pour avoir un effet global sur le risque de cancer du sein, il retardait le développement des tumeurs dépourvues de récepteurs oestrogéniques, plus agressives, chez les femmes préménopausées, réduisant ainsi potentiellement l’étendue du cancer du sein11.
Quelle quantité d’ALC est suffisante ?
Personne ne le sait avec certitude. Si nous ne tenons compte que des ALC de sources naturelles, les études à court terme menées sur des animaux suggèrent qu’un apport quotidien d’ALC-c 9,t11 équivalant à près de 1,5 g serait suffisant12. Nous savons toutefois que l’ALC-c 9,t11 est métabolisé dans le tissu humain et qu’il peut y être emmagasiné. De nouvelles études seront cependant nécessaires pour déterminer quels sont les besoins d’une personne qui consomme régulièrement des produits laitiers et de la viande, riches en ALC, afin d’assurer une protection contre le cancer.
Teneur en ALC d’aliments sélectionnés provenant de ruminants*
| Aliment (portion) | mg d'ALC/ g de gras | g de gras/ portion | mg d'ALC/ portion |
|---|---|---|---|
| Lait entier* (250mL) | 3.4 | 8.6 | 29.2 |
| Beurre (10g) | 4.7 | 8 | 37.6 |
| Yogourt nature (>4% m.g. ;175g) | 4.4 | 10 | 44 |
| Fromage cheddar (50g) | 4.2 | 17 | 71.4 |
| Fromage Mozzarella (50g) | 4.6 | 13 | 59.8 |
| Boeuf haché maigre (75g, grillé) | 1.8 | 10.3 | 18.5 |
| Rôtie de côte de boeuf (100g, cuit) | 2.9 | 26.75 | 77.6 |
* La teneur en ALC varie selon la saison et l’alimentation de l’animal.
Références
- Ip C et coll. 1994. CLA, a powerful anticarcinogen from animal fat sources. Cancer 74:1050-1054.
- National Research Council. 1996. Carcinogens and Anticarcinogens in the Human Diet. National Academy Press, Washington, DC.
- Thompson HJ et coll. 1997. Morphological and biochemical states of mammary gland as influenced by conjugated linoleic acid: implication for a reduction in mammary cancer risk. Cancer Res 57:5067-5072.
- Ip C et coll. 1999. Conjugated linoleic acid-enriched butter fat alters mammary gland morphogenesis and reduces cancer risk in rats. J Nutr 129:2135-2142.
- Lock AL et coll. 2004. The anticarcinogenic effect of trans-11 18:1 is dependent on its conversion to cis-9,trans-11 CLA by a desaturate in rats. J Nutr 134:2698-2704.
- Lock AL et coll. 2005. The biology of trans fatty acids: Implications for human health and the dairy industry. Aust J Dairy Technol 60:3-12.
- Knekt P et coll. 1996. Intake of dairy products and the risk of breast cancer. Br J Cancer 73:687-691.
- Pryor M et coll. 1989. Adolescent diet and breast cancer in Utah. Cancer Res 49:2161-2167.
- Aro A et coll. 2000. Inverse association between dietary and serum conjugated linoleic acid and risk of breast cancer in postmenopausal women. Nutr Cancer 38:151-157.
- Hjartåker A et coll. 2001. Childhood and adult milk consumption and risk of premenopausal breast cancer in a cohort of 48,844 women – the Norwegian Women and Cancer Study. Int J Cancer 93:888-893.
- McCann SE et coll. 2004. Dietary intake of conjugated linoleic acids and risk of premenopausal and postmenopausal breast cancer, Western New York Exposures and Breast Cancer Study (Étude menée sur le Web). Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 13:1480-1484.
- Parodi PW. 2004. Milk fat in human nutrition. Aust J Dairy Technol 59:3-59.
Mots-clé(s) : acides linoléiques conjugués
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