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Produits laitiers et cancer de la prostate

Bien que certaines études associent la consommation de produits laitiers et/ou l'apport en calcium à un risque accru de cancer de la prostate, une revue de la littérature scientifique disponible à ce jour n'indique pas qu'il existe une association concluante.

Faits saillants

  • Aucune cause unique du cancer de la prostate n'a été identifiée;
  • La somme des données scientifiques disponibles ne justifie pas de limiter la consommation de produits laitiers en deçà des recommandations actuelles dans le but de prévenir le cancer de la prostate.

Aperçu du cancer de la prostate1

Le cancer de la prostate est le type de cancer le plus courant chez les hommes canadiens : 1 homme sur 8 développera un cancer de la prostate au cours de sa vie (principalement après 60 ans), et 1 homme sur 27 décédera des suites de cette maladie. Il n’existe pas de cause unique au cancer de la prostate, mais certains facteurs augmentent le risque de le développer :

  • L'âge – particulièrement après 65 ans (non commun chez les hommes de moins de 50 ans);
  • Les antécédents familiaux;
  • Le fait d'être d'origine africaine.

Certains hommes développent un cancer de la prostate sans même présenter l'un de ces facteurs de risque. Récemment, des recherches ont été menées dans le but de déterminer si l'alimentation pourrait contribuer au développement du cancer de la prostate. Toutefois, plus de recherches doivent être effectuées avant de pouvoir conclure de manière définitive que certains aliments ou certaines composantes alimentaires jouent un rôle dans le risque de cancer de la prostate.

Les données scientifiques

Le rapport intitulé « Continuous Update Project » publié en 2014 par le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer et l'American Institute for Cancer Research se veut une revue systématique sur le rôle de diverses composantes alimentaires dans le risque de cancer de la prostate2. Ce document a confirmé la conclusion d’un précédent rapport d'experts3 publié en 2007 selon laquelle les données relatives à une association entre une consommation élevée de produits laitiers et un risque accru de cancer de la prostate sont limitées. Par ailleurs, dans le rapport de 2014, le niveau de preuve scientifique selon lequel une alimentation riche en calcium était associée à un risque accru de cancer de la prostate est maintenant considéré comme étant faible, comparativement au rapport précédent dans lequel il était de niveau élevé.

Selon une analyse de cas-témoins nichée dans un essai clinique multicentrique randomisé et à double insu, il n’existerait pas d’association entre le calcium et le risque de cancer de la prostate. Au contraire, l’analyse suggère qu’une supplémentation en calcium pourrait réduire le risque. Dans le cadre de cette étude, 672 hommes ayant participé à un essai de chimioprévention des adénomes colorectaux ont été assignés aléatoirement afin de recevoir soit 3 g de carbonate de calcium ou un placebo, et ce, une fois par jour pendant 4 ans. Après un suivi moyen de 10 ans, il y avait moins de cas de cancer de la prostate dans le groupe ayant reçu le supplément de calcium. De plus, il y avait une réduction statistiquement significative du risque de cancer de la prostate dans le groupe ayant reçu le supplément de calcium pendant les 6 premières années, malgré qu’on ait observé une réduction non significative du risque au cours de la durée totale de l'étude4.

Par ailleurs, cette conclusion est appuyée par une étude prospective regroupant plus de 22 000 hommes suédois en bonne santé suivis pendant 30 ans. Dans cette étude, on a évalué les taux de calcium sérique et le risque de cancer de la prostate. Les résultats de l’étude n’appuient pas l'hypothèse selon laquelle un niveau élevé de calcium sérique est un facteur de risque de cancer de la prostate5.

En outre, dans une étude cas-témoins publiée en 2012, l'association entre l'apport en calcium provenant des aliments et le risque de cancer de la prostate a été étudiée chez 533 vétérans des États-Unis. L’étude a démontré qu’un apport accru en calcium alimentaire, mais pas en calcium total, était associé à un risque réduit de cancer de la prostate chez les gens de toutes races, particulièrement chez les hommes de race noire. De plus, le calcium alimentaire était associé à un risque réduit de cancer de la prostate de haut grade chez tous les hommes6.

Les mécanismes potentiels

La vitamine D
Certaines études démontrent qu'un déficit en vitamine D pourrait être associé à un risque accru de cancer de la prostate. Or, à ce jour, l'association potentielle entre la vitamine D et le cancer de la prostate demeure incertaine7.

Le calcium
L'hypothèse selon laquelle un apport élevé en calcium pourrait accroître le risque de cancer de la prostate a été soulevée. Toutefois, aucune relation de cause à effet entre l'apport en calcium et le risque de cancer de la prostate, au stade avancé ou non, n'est soutenue par l'ensemble des données provenant d'études épidémiologiques7.

De plus, selon les données issues d'un nombre limité d'études expérimentales, le calcium alimentaire ne jouerait aucun rôle dans le cancer de la prostate7.

L'IGF-1 (facteur de croissance apparenté à l'insuline 1)
L'IGF-1 est une hormone nécessaire pour une croissance et un développement adéquats. L'IGF-1 fait partie d'un système IGF à composantes multiples qui régularise la prolifération, la différenciation et l'apoptose des cellules normales et des cellules du cancer de la prostate7.

Le niveau d'IGF-1 est augmenté par l'apport en protéines de tous types, qu'il s'agisse de protéines de source animale ou végétale. De plus, bien qu’il ait été démontré que la consommation quotidienne d'une portion de produits laitiers puisse augmenter les niveaux d'IGF-1, ce résultat n'était plus significatif après avoir contrôlé pour l'apport total en protéines8.

Dans des études menées chez des animaux et sur les lignées cellulaires, on a émis l'hypothèse selon laquelle l'IGF-1 pourrait stimuler la croissance rapide de cellules de la prostate et inhiber la mort cellulaire. Cependant, d’après des données expérimentales et épidémiologiques, il semblerait que des taux sériques d'IGF-1 élevés seraient un marqueur tumoral plutôt qu'un facteur étiologique du cancer de la prostate7.

Le gras d’origine alimentaire et le gras laitier
Des études écologiques antérieures ont démontré que l'apport moyen en gras totaux par habitant était corrélé à la mortalité due au cancer de la prostate. Depuis, une méta-analyse d'études de cohorte prospective et des études de cohorte prospective à grande échelle plus récentes n'ont révélé aucune association entre l'apport en gras d'origine alimentaire et le risque de cancer de la prostate7.

L'acide phytanique est un acide gras à chaîne ramifiée présent dans le gras laitier et le gras des viandes de ruminants. L'oxydation de tels acides gras génère du peroxyde d'hydrogène, et il a été suggéré que ce dernier aurait un effet procarcinogène sur le cancer de la prostate. Toutefois, la quantité de peroxyde d'hydrogène produite par l'entremise de la consommation de produits laitiers est infime comparativement à la quantité quotidienne générée par l'oxydation de lipides exogènes et endogènes ou la dégradation des acides aminés7. Finalement, il n'existe aucune donnée indiquant que l'oxydation des acides gras laitiers à chaîne ramifiée a un impact sur le développement du cancer de la prostate7.

Conclusion

Les données scientifiques ne soutiennent pas qu'il y ait une association concluante entre la consommation de produits laitiers ou l'apport en calcium et un risque accru de cancer de la prostate.

Des études randomisées et des études mécanistes sont nécessaires afin d’avoir des réponses plus définitives quant au rôle des produits laitiers dans le risque de cancer de la prostate.

Références

  1. Société canadienne du cancer. 2010. Qu’est-ce que le cancer de la prostate? www.cancer.ca. Consulté le 8 décembre 2014.
  2. Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer/American Institute for Cancer Research. 2014. Continuous Update Project Report: diet, nutrition, physical activity and prostate cancer. www.wcrf.org. Consulté le 8 décembre 2014.
  3. Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer/American Institute for Cancer Research. Food, nutrition, physical activity, and the prevention of cancer: a global perspective. Washington, DC: AICR. 2007.
  4. Baron JA et coll. Risk of prostate cancer in a randomized clinical trial of calcium supplementation. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2005;14:586-589.
  5. Halthur C et coll. Serum calcium and the risk of prostate cancer. Cancer Causes Control 2009;20:1205-1214.
  6. Williams CD et coll. Dietary calcium and risk for prostate cancer: a case-control study among US veterans. Prev Chronic Dis 2012;9:E39.
  7. Parodi PW. Dairy product consumption and the risk of prostate cancer. Int Dairy J 2009;19:551-565.
  8. Giovannucci E et coll. Nutritional predictors of insulin-like growth factor 1 and their relationships to cancer in men. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2003;12:84-89.

Mots-clés : cancer , calcium , cancer de la prostate


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