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Produits laitiers et cancer de la prostate

Selon le troisième rapport d'experts du Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer et de l'American Institute for Cancer Research, il n’existe pas de données convaincantes selon lesquelles les produits laitiers et une alimentation riche en calcium augmentent le risque de cancer de la prostate. Bien que certaines études suggèrent une association entre les produits laitiers ou le calcium et un risque accru de cancer de la prostate, ces données sont limitées et ne soutiennent pas qu’il y ait une association convaincante ou même probable.

Faits saillants

  • Il n’existe pas de données convaincantes selon lesquelles les produits laitiers et une alimentation riche en calcium accroissent le risque de cancer de la prostate.
  • Les données suggérant un risque accru sont limitées.
  • Les données scientifiques actuelles ne justifient pas de limiter la consommation de produits laitiers en deçà des recommandations actuelles dans le but de prévenir le cancer de la prostate.

Aperçu du cancer de la prostate 

Le cancer de la prostate est le type de cancer le plus courant chez les hommes canadiens (si l’on exclut les cancers de la peau avec mélanome bénin). Environ 1 homme sur 7 développera un cancer de la prostate (il est le plus souvent diagnostiqué après l’âge de 65 ans). Il n’existe pas de cause unique au cancer de la prostate, mais des facteurs connus pour augmenter le risque de le développer incluent1 :

  • Les antécédents familiaux;
  • Le fait d’être d’origine africaine.

Les données scientifiques

Selon le troisième rapport d'experts publié en 2018 par le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer et l'American Institute for Cancer Research, il n’existe pas de données convaincantes selon lesquelles les produits laitiers ou une alimentation riche en calcium augmentent le risque de cancer de la prostate2. Le rapport confirme la conclusion du deuxième rapport d’experts3, publié en 2007, qui indiquait que pour une consommation plus élevée de produits laitiers, les données suggérant un risque accru sont limitées. De plus, les données relatives à une association entre une alimentation riche en calcium et un risque accru de cancer de la prostate sont maintenant considérées comme « limitées ou suggestives », comparativement à ce qui avait été énoncé dans le rapport publié en 2007, où elles étaient considérées comme des données convaincantes.

Les mécanismes potentiels

La vitamine D
Certaines études démontrent qu'un déficit en vitamine D pourrait être associé à un risque accru de cancer de la prostate. Or, à ce jour, l'association potentielle entre la vitamine D et le cancer de la prostate demeure incertaine4.

L'IGF-1 (facteur de croissance apparenté à l'insuline 1)
L'IGF-1 est une hormone nécessaire pour une croissance et un développement adéquats. L'IGF-1 fait partie d'un système IGF à composantes multiples qui régularise la prolifération, la différenciation et l'apoptose des cellules normales et des cellules du cancer de la prostate4.

Le niveau d'IGF-1 est augmenté par l'apport en protéines de tous types, qu’il s’agisse de protéines de source animale ou végétale. De plus, bien qu’il ait été démontré que la consommation quotidienne d'une portion de produits laitiers puisse augmenter les niveaux d'IGF-1, ce résultat n'était plus significatif après avoir contrôlé pour l'apport total en protéines5.

Dans des études menées chez des animaux et sur les lignées cellulaires, on a émis l'hypothèse selon laquelle l'IGF-1 pourrait stimuler la croissance rapide de cellules de la prostate et inhiber la mort cellulaire. Cependant, d’après des données expérimentales et épidémiologiques, il semblerait que des taux sériques d'IGF-1 élevés seraient un marqueur tumoral plutôt qu'un facteur étiologique du cancer de la prostate4.

Le gras d’origine alimentaire
Des études écologiques antérieures ont démontré que l'apport moyen en gras totaux par habitant était corrélé à la mortalité due au cancer de la prostate. Depuis, une méta-analyse d'études de cohorte prospective et des études de cohorte prospective à grande échelle plus récentes n'ont révélé aucune association entre l'apport en gras d'origine alimentaire et le risque de cancer de la prostate4.

Conclusion

La totalité des données scientifiques disponibles à ce jour ne soutient pas qu'il y ait une association convaincante entre la consommation de produits laitiers ou l'apport en calcium et un risque accru de cancer de la prostate.

Références

  1. Société canadienne du cancer. 2018. Cancer de la prostate. www.cancer.ca. Consulté le 27 septembre 2018. 
  2. Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer/American Institute for Cancer Research. 2018. Diet, Nutrition, Physical Activity and Cancer: a Global Perspective. Continuous Update Project Expert Report. www.wcrf.org. Consulté le 27 septembre 2018.
  3. Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer/American Institute for Cancer Research. Alimentation, Nutrition, Activité Physique et Prévention du Cancer : une Perspective Mondiale. Washington, DC: AICR. 2007.
  4. Parodi PW. Dairy product consumption and the risk of prostate cancerInt Dairy J 2009;19:551-565.
  5. Giovannucci E et coll. Nutritional predictors of insulin-like growth factor 1 and their relationships to cancer in menCancer Epidemiol Biomarkers Prev 2003;12:84-89.

Mots-clés : cancer , calcium , cancer de la prostate


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