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Produits laitiers et cancer du sein

Selon le rapport publié en 2010 par le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer, l’autorité en matière d’alimentation et de cancer, aucune conclusion ne peut être tirée quant à une éventuelle association entre les produits laitiers et le cancer du sein, en raison du nombre limité de données. Toutefois, des études plus récentes suggèrent une association inverse entre la consommation de produits laitiers et le risque de cancer du sein.

Faits saillants

  • Les données sur la relation entre les produits laitiers et le cancer du sein sont limitées;
  • Certaines études ont suggéré que la consommation de produits laitiers pourrait contribuer à réduire le risque de cancer du sein.

Aperçu du cancer du sein

Il n’y a pas de cause unique du cancer du sein. Toutefois, il existe plusieurs facteurs de risque1 :

  • Des antécédents personnels de cancer du sein;
  • Des antécédents familiaux de cancer du sein et d’autres cancers;
  • Des mutations des gènes BRCA;
  • Une hormonothérapie substitutive;
  • Les contraceptifs oraux;
  • L’obésité.

Le cancer du sein est le type de cancer le plus courant chez les femmes canadiennes : on estime qu’environ 1 Canadienne sur 9 développera un cancer du sein au cours de sa vie1.

Les données scientifiques

Selon le rapport du Continuous Update Project publié en 2010 par le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer, l’autorité en matière d’alimentation et de cancer, les données sur l’association entre la consommation de lait et de produits laitiers et le risque de cancer du sein chez les femmes en préménopause et en postménopause sont limitées et non concluantes2.

Une méta-analyse réalisée en 2015 regroupant 22 études de cohorte prospectives (n = 1 566 940) a évalué l’association entre la consommation de produits laitiers et le risque de cancer du sein3.

  • Une consommation de produits laitiers plus élevée (> 600 g/jour) était associée à une diminution de 10 % du risque de cancer du sein, comparativement à une consommation de produits laitiers plus faible (< 200 g/jour);
  • De plus, une relation dose-effet a été observée, indiquant une association inverse et linéaire entre la consommation de produits laitiers et le risque de cancer du sein :
    • Une consommation additionnelle 250 g/jour de produits laitiers entraînait une réduction du risque de 3 %;
    • Une consommation additionnelle 500 g/jour de produits laitiers entraînait une réduction du risque de 6 %;
    • Une consommation additionnelle 750 g/jour de produits laitiers entraînait une réduction du risque de 9 %;
    • Les consommations plus élevées de yogourt et de produits laitiers à teneur réduite en gras étaient associées à une réduction du risque de 9 % et de 15 %, respectivement;
    • Aucune association n’a été observée entre le lait entier, le lait écrémé/à faible teneur en gras, le fromage/beurre ou les produits laitiers à pleine teneur en gras et le risque de cancer du sein.

Les mécanismes potentiels

Les mécanismes grâce auxquels la consommation de lait et de produits laitiers pourrait avoir un impact sur le risque de cancer du sein demeurent à élucider. Néanmoins, certaines composantes clés du lait, notamment le calcium, la vitamine D et la lactoferrine, semblent jouer des rôles anticarcinogènes importants.

Le calcium

Une méta-analyse menée en 2016 a démontré qu'il existe une relation dose-effet inverse entre l’apport en calcium et le risque de cancer du sein chez les femmes en préménopause et en postménopause4. En effet, le calcium contribue à la régularisation de l'apoptose, et de la prolifération et de la différenciation cellulaires.

Des études sur les animaux indiquent qu'un apport élevé en calcium inhibe l'hyperprolifération des glandes mammaires et peut inhiber la carcinogenèse mammaire. Les propriétés antiprolifération et prodifférentiation du calcium pourraient également faire en sorte de diminuer les troubles de prolifération épithéliale bénigne5.

La vitamine D

La vitamine D aurait des rôles mécanistes potentiels à jouer en raison de ses propriétés anticancéreuses et anti-inflammatoires.

Par ailleurs, le calcitriol, la forme hormonale active de la vitamine D, produit des effets antiprolifératifs, proapoptotiques et de prodifférentiation sur de nombreuses cellules malignes6-8. De plus, la vitamine D entrave la prolifération stimulée par les œstrogènes dans les glandes mammaires en réduisant les taux de progestérone et d'estradiol7,9.

Une méta-analyse a révélé une association inverse entre le taux de 25(OH)D dans la circulation et le risque de cancer du sein chez les femmes en postménopause10.

La lactoferrine

On a également observé que la lactoferrine bovine provenant du lait a un effet protecteur contre le cancer du sein. En effet, il semble que la lactoferrine aurait le potentiel d’interagir avec certains récepteurs et de moduler l'expression génétique des molécules prenant part au cycle cellulaire et au mécanisme d'apoptose11.

Les acides linoléiques conjugués

Des études expérimentales et in vitro ont montré que les acides linoléiques conjugués, qui sont des acides gras naturellement présents dans les produits laitiers, pourraient avoir un effet protecteur contre la carcinogenèse mammaire. Cependant, les résultats sont contradictoires12,13.

Conclusions

Les données scientifiques suggèrent que la consommation de produits laitiers n'est pas associée à un risque accru de cancer du sein et qu'elle pourrait en fait être associée à une réduction du risque.

D'autres recherches sur les rôles de produits laitiers particuliers tels le yogourt et le fromage sont nécessaires.

Les associations pourraient également être différentes chez les femmes en préménopause par rapport à celles en postménopause. D'autres études sont requises afin d'obtenir des réponses définitives.

Le calcium, la vitamine D et la lactoferrine pourraient être d'importantes composantes du lait aux effets anticancéreux. Plus d'études doivent être menées afin d'élucider les mécanismes précis de ces nutriments dans la réduction du risque de cancer du sein.

Références

  1. Société canadienne du cancer. 2016. Qu’est-ce que le cancer du sein? www.cancer.ca. Consulté le 3 août 2016.
  2. Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer/American Institute for Cancer Research. 2010. Continuous Update Project report: Food, nutrition, physical activity, and the prevention of breast cancer. www.wcrf.org. Consulté le 2 août 2016.
  3. Zang J et coll. The association between dairy intake and breast cancer in Western and Asian populations: a systematic review and meta-analysis. J Breast Cancer 2015;18:313-322.
  4. Hidayat K et coll. Calcium intake and breast cancer risk: meta-analysis of prospective cohort studies. Br J Nutr 2016;116:158-166.
  5. Chen P et coll. Meta-analysis of vitamin D, calcium and the prevention of breast cancer. Breast Cancer Res Treat 2010;121:469-477.
  6. Gandini S et coll. Meta-analysis of observational studies of serum 25-hydroxyvitamin D levels and colorectal, breast and prostate cancer and colorectal adenoma. Int J Cancer 2011;128:1414-1424.
  7. Krishnan AV et Feldman D. Mechanisms of the anti-cancer and anti-inflammatory actions of vitamin D. Annu Rev Pharmacol Toxicol 2011;51:311-336.
  8. Rohan TE et coll. A randomized controlled trial of calcium plus vitamin D supplementation and risk of benign proliferative breast disease. Breast Cancer Res Treat 2009;116:339-350.
  9. Knight JA et coll. Vitamin D association with estradiol and progesterone in young women. Cancer Causes Control 2010;21:479-483.
  10. Bauer SR et coll. Plasma vitamin D levels, menopause, and risk of breast cancer: dose-response meta-analysis of prospective studies. Medicine (Baltimore) 2013;92:123-131.
  11. Duarte DC et coll. The effect of bovine milk lactoferrin on human breast cancer cell lines. J Dairy Sci 2011;94:66-76.
  12. McGowan MM et coll. A proof of principle clinical trial to determine whether conjugated linoleic acid modulates the lipogenic pathway in human breast cancer tissue. Breast Cancer Res Treat 2013;138:175-183.
  13. Arab A et coll. The effects of conjugated linoleic acids on breast cancer: a systematic review. Adv Biomed Res 2016;5:115.

Mots-clés : cancer du sein , lactoferrine , lait , calcium


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