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Produits laitiers et cancer du sein

Les données scientifiques actuelles provenant de la littérature indiquent que la consommation de produits laitiers n'est pas associée à une hausse du risque de cancer du sein.

Faits saillants

  • La consommation de divers laits et produits laitiers, dont le yogourt, le fromage et le beurre, n'est pas associée à un risque accru de cancer du sein et pourrait en fait être associée à une réduction du risque de cancer du sein;
  • Certaines composantes du lait, dont le calcium, la vitamine D et la lactoferrine (une protéine du lait) semblent produire un effet antocarcinogène.

Introduction

À ce jour, les données indiquent que la consommation de produits laitiers n'est pas associée à une hausse du risque de cancer du sein avant et après la ménopause. De plus, des données scientifiques émergentes indiquent que la consommation de produits laitiers pourrait en fait réduire le risque de cancer du sein. Bien que les mécanismes grâce auxquels la consommation de produits laitiers pourrait moduler le risque de cancer du sein demeurent incertains, il semble que certaines composantes du lait aient un effet anticarcinogène clé qui pourrait contribuer à prévenir le cancer du sein. Ces composantes sont :

  • le calcium,
  • la vitamine D,
  • la lactoferrine.

Les données scientifiques

Selon le rapport publié par le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer et l'American Institute for Cancer Research en 2007, les données relatives à une possible association entre le lait et les produits laitiers et le cancer du sein (à la fois en période de pré et de post-ménopause) sont limitées et non concluantes1.

Une méta-analyse d'études de cohorte prospective réalisée en 2011 et qui regroupait 24 187 cas et 1 063 471 participantes a examiné l'association entre la consommation de lait, de yogourt, de fromage Cottage, de beurre et d'autres produits laitiers, et le risque de cancer du sein. Les données suivantes ont été fournies2 :

  • Le risque relatif global de cancer du sein des participants ayant la consommation la plus élevée de produits laitiers comparativement à ceux ayant la consommation la moins élevée était de 0,85 (IC à 95 % : 0,76-0,95);
  • Le risque relatif global pour la consommation de lait était de 0,91 (IC à 95 % : 0,80-1,02);
  • Le lait à faible teneur en matières grasses était associé significativement à une réduction du risque de cancer du sein, avec un risque relatif de 0,93 (IC à 95 % : 0,88-0,99);
  • Une relation dose-effet significative a été observée entre le risque de cancer du sein et la consommation de produits laitiers totaux, mais pas en ce qui concerne la consommation de lait;
  • Une augmentation de 200 g/jour de produits laitiers totaux a été associée à une réduction significative du risque de cancer du sein, avec un risque relatif de 0,95 (IC à 95 % : 0,94-0,98).

Dans une étude populationnelle de cohorte prospective publiée en 2010, la relation entre la consommation de produits laitiers totaux, la consommation de divers produits laitiers, dont le lait, le yogourt, certains types de fromage et la crème glacée, et le cancer du sein avant et après la ménopause a été étudiée chez 64 904 Norvégiennes3.

  • Après ajustement pour les variables confondantes telles l'âge, les antécédents maternels de cancer du sein et la mammographie, la consommation de produits laitiers totaux n'était pas associée à un risque de cancer du sein avant ou après la ménopause;
  • Le risque relatif pour le quartile de consommation de produits laitiers le plus élevé comparativement au moins élevé était de 1,07 (IC à 95 % : 0,69-1,65) et de 1,07 (IC à 95 % : 0,69-1,65) pour les femmes en préménopause et en postménopause, respectivement;
  • La consommation totale de lait n'était pas associée au cancer du sein chez les femmes en préménopause, ni chez celles en postménopause, avec un risque relatif de 1,23 (IC à 95 % : 0,78-1,94) et de 1,03 (IC à 95 % : 0,85-1,25), respectivement;
  • La consommation de lait ou de produits laitiers chez les enfants ou les adultes n'était pas associée à un risque de cancer du sein;
  • La consommation de yogourt n'était pas associée au cancer du sein, avec un risque relatif de 0,76 (IC à 95 % : 0,47-1,24) et de 0,93 (IC à 95 % : 0,75-1,15) pour les femmes en préménopause et en postménopause, respectivement, ayant la consommation la plus élevée comparativement à celles ayant la consommation la moins élevée;
  • Il y avait une association inverse statistiquement significative entre la consommation de fromage blanc norvégien et le cancer du sein chez les femmes en préménopause et en postménopause;
  • Les femmes en préménopause qui consommaient au moins 25 g de fromage blanc par jour présentaient un risque 50 % plus faible de cancer du sein comparativement à celles ayant la plus faible consommation (risque relatif de 0.50 IC à 95 % : 0.29–0.87:, tandis que les femmes en postménopause présentaient un risque 20 % plus faible (risque relatif de 0.50 IC à 95 % : 0.66–0.99).

Une autre étude de cohorte prospective de 2010 regroupant 39 268 femmes en préménopause a examiné la relation entre l'alimentation pendant l'adolescence et le risque de cancer du sein4.

  • La consommation totale de lait pendant l'adolescence n'était pas associée à un risque de cancer du sein, avec un risque relatif ajusté en fonction de variables multiples de 0,98 (IC à 95 % : 0,71-1,34, ptendance = 0,51) pour le quintile supérieur comparativement au quintile inférieur;
  • La consommation de produits laitiers totaux pendant l'adolescence n'était pas associée à un risque de cancer du sein, avec un risque relatif ajusté pour des variables multiples de 0,90 (IC à 95 % : 0,64-1,27, ptendance = 0,64);
  • Il n'y avait pas d'association entre la consommation de lait ou de produits laitiers à pleine teneur ou à teneur réduite en gras pendant l'adolescence et le risque de cancer du sein.

Dans une étude de cohorte prospective à grande échelle menée auprès de 319 826 Européennes âgées de 25 à 70 ans, aucune association constante n'a été établie entre les produits laitiers, y compris le lait, le fromage et le beurre, et le risque de cancer du sein5.

  • La consommation de tous types de laits n'était pas associée à un risque de cancer du sein, avec un risque relatif multivarié de 1,05 (IC à 95 % : 0,97-1,14, ptendance = 0,55) pour le quintile supérieur comparativement au quintile inférieur;
  • Une consommation élevée de beurre était associée significativement à une hausse du risque de cancer du sein chez les femmes en pré-ménopause, mais pas chez celles en postménopause, avec un risque relatif multivarié de 1,28 (IC à 95 % : 1,06-1,53), ptendance = 0,21).

Dans une étude de cohorte prospective de 2009 totalisant 3 383 377 années-personnes de suivi, les données suivantes ont été obtenues sur le lien entre le risque de cancer et les produits laitiers, dont le lait, le yogourt et le fromage, ainsi que l'apport en calcium6 :

  • Après ajustement pour les variables confondantes telles la race, les antécédents familiaux de cancer et l'hormonothérapie ménopausique, la consommation de produits laitiers n'était pas associée au risque de cancer du sein;
  • Le risque relatif multivarié était de 0,96 (IC à 95 % : 0,88-1,04, ptendance = 0,28) pour le quintile supérieur de consommation de produits laitiers comparativement au quintile inférieur;
  • L'apport en calcium alimentaire n'était pas associé à un risque de cancer du sein, avec un risque relatif multivarié de 0,94 (IC à 95 % : 0,86-1,03), ptendance = 0,28).

Les mécanismes potentiels

Les mécanismes grâce auxquels la consommation de lait et de produits laitiers tels le yogourt, le fromage et le beurre pourrait avoir un impact sur le risque de cancer du sein demeurent à élucider. Néanmoins, certaines composantes clés du lait, notamment le calcium, la vitamine D et la lactoferrine, semblent jouer des rôles anticarcinogènes importants.

Une méta-analyse menée en 2010 a démontré qu'il existe une relation inverse entre le calcium et le risque de cancer du sein. En effet, le calcium contribue à la régularisation de l'apoptose, et de la prolifération et de la différenciation cellulaires. Des études sur les animaux indiquent qu'un apport élevé en calcium inhibe l'hyperprolifération des glandes mammaires induite par une alimentation riche en matières grasses et peut inhiber la carcinogenèse mammaire induite par le 7,12-diméthylbenz(α)anthracène. Les propriétés antiprolifération et prodifférentiation du calcium pourraient également faire en sorte de diminuer les troubles de prolifération épithéliale bénigne7.

La vitamine D aurait aussi des rôles mécanistes potentiels à jouer en raison de ses propriétés anticancéreuses et anti-inflammatoires. Par ailleurs, le calcitriol, la forme hormonale active de la vitamine D, produit des effets antiprolifératifs, proapoptotiques et de prodifférentiation sur de nombreuses cellules malignes8-10. De plus, la vitamine D entrave la prolifération stimulée par les œstrogènes dans les glandes mammaires en réduisant les taux de progestérone et d'estradiol9,11.

Des études sur des souris ont révélé qu'une supplémentation en calcium et en vitamine D3 diminue les petits ductules des glandes mammaires de même que la mitose, ce qui suggère que ces nutriments pourraient régulariser le développement normal des glandes mammaires12.

On a également observé que la lactoferrine bovine provenant du lait a un effet protecteur contre le cancer du sein. En effet, il semble que la lactoferrine aurait le potentiel d’interagir avec certains récepteurs et de moduler l'expression génétique des molécules prenant part au cycle cellulaire et au mécanisme d'apoptose13.

Par ailleurs, des données issues d'études sur les animaux indiquent que l'exposition au lait de vache avant la puberté pourrait réduire la susceptibilité ultérieure à la tumorigénèse mammaire. L'effet protecteur semble être dû à un accroissement de l'environnement œstrogénique protecteur avant la puberté de même qu'à une réduction à long terme de l'expression de l'IGF-1 dans les glandes mammaires et du nombre de bourgeons terminaux14.

Une autre méta-analyse a également révélé qu'il n'y a pas d'association entre la graisse animale et le risque de cancer du sein. Bien que certaines études sur les animaux et in vitro indiquent que le gras d'origine alimentaire agit à titre de promoteur de la carcinogenèse chez les humains, il n'existe pas de données irréfutables sur les mécanismes associant la graisse animale à une hausse du risque de cancer du sein. En revanche, d'autres études expérimentales et in vitro ont montré que les acides linoléiques conjugués, qui sont naturellement présents dans les produits laitiers, pourraient avoir un effet protecteur contre la carcinogenèse mammaire15.

Conclusion

Les données scientifiques actuelles suggèrent que la consommation de produits laitiers n'est pas associée à un risque accru de cancer du sein et qu'elle pourrait en fait être associée à une réduction du risque de cancer du sein. D'autres recherches sur les rôles de produits laitiers particuliers tels le yogourt, le fromage et le beurre sont nécessaires.

Les associations pourraient être différentes chez les femmes en préménopause par rapport à celles en postménopause pour certains produits laitiers tels que le beurre. D'autres études sont requises afin d'obtenir des réponses définitives.

Selon certaines données, le calcium, la vitamine D et la lactoferrine sont d'importantes composantes du lait qui produisent des effets anticancéreux. Plus d'études doivent être menées afin d'élucider les mécanismes précis de ces nutriments dans la réduction du risque de cancer du sein.

De plus, des études sont requises dans le but d'examiner le rôle que jouent différents acides dans le risque de cancer du sein.

Références

  1. Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer et American Institute for Cancer Research. Food, nutrition, physical activity, and the prevention of cancer: a Global Perspective. Washington DC: AICR, 2007.
  2. Dong JY et coll. Dairy consumption and risk of breast cancer: a meta-analysis of prospective cohort studies. Breast Cancer Res Treat 2011;127:23-31.
  3. Hjartåker A et coll. Dairy consumption and calcium intake and risk of breast cancer in a prospective cohort: the Norwegian Women and Cancer study. Cancer Causes Control 2010;21:1875-85.
  4. Linos E et coll. Adolescent diet in relation to breast cancer risk among pre-menopausal women. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2010;19:689-96.
  5. Pala V et coll. Meat, eggs, dairy products, and risk of breast cancer in the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC) cohort. Am J Clin Nutr 2009;90:602-12.
  6. Park Y et coll. Dairy food, calcium, and risk of cancer in the NIH-AARP Diet and Health Study. Arch Intern Med 2009;169:391-401.
  7. Chen P et coll. Meta-analysis of vitamin D, calcium and the prevention of breast cancer. Breast Cancer Res Treat 2010;121:469-77.
  8. Gandini S et coll. Meta-analysis of observational studies of serum 25-hydroxyvitamin D levels and colorectal, breast and prostate cancer and colorectal adenoma. Int J Cancer 2011;128:1414-24.
  9. Krishnan AV et coll. Mechanisms of the anti-cancer and anti-inflammatory actions of vitamin D. Annu Rev Pharmacol Toxicol 2011;51:311-36.
  10. Rohan TE et coll. A randomized controlled trial of calcium plus vitamin D supplementation and risk of benign proliferative breast disease. Breast Cancer Res Treat 2009;116:339-50.
  11. Knight JA et coll. Vitamin D association with estradiol and progesterone in young women. Cancer Causes Control 2010;21:479-83.
  12. Kurihara N et coll. Effect of a Western-style diet fortified with increased calcium and vitamin D on mammary gland of C57BL/6 mice. J Med Food 2008;11:201-6.
  13. Duarte DC et coll. The effect of bovine milk lactoferrin on human breast cancer cell lines. J Dairy Sci 2011;94:66-76.
  14. Nielsen TS et coll. Prepubertal exposure to cow’s milk reduces susceptibility to carcinogen-induced mammary tumorigenesis in rats. Int J Cancer 2011;128:12-20.
  15. Alexander DD et coll. Summary and meta-analysis of prospective studies of animal fat intake and breast cancer. Nutr Res Rev 2010;23:169-79.

Mots-clés : cancer du sein , lactoferrine , lait , calcium


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