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 Retour à « Maladies cardiovasculaires »

Les produits laitiers ne sont pas associés au risque de mortalité

À la lumière de l'ensemble des données disponibles, y compris des méta-analyses et revues systématiques d'études prospectives, il n'existe aucune association entre la consommation de produits laitiers et le risque de mortalité.

Faits saillants

  • Le lait et les produits laitiers ne sont pas associés à la mortalité toutes causes confondues, ni à la mortalité due aux maladies cardiovasculaires ou au cancer;
  • Les produits laitiers à pleine teneur en matières grasses ne semblent pas être associés à un risque accru de mortalité;
  • Certaines études suggèrent que la consommation de produits laitiers est associée à un risque réduit de mortalité due aux maladies cardiovasculaires ou au cancer.

Les données scientifiques

Dans une méta-analyse d'études de cohorte prospectives réalisée en 2013, l'association entre différentes sources de gras saturés et la mortalité a été évaluée. Au total, 26 études ont été examinées, et celles-ci comprenaient un échantillon de 1 800 418 participants et un suivi s’échelonnant sur 5 à 41 ans1.

  • La consommation de lait, de fromage, de beurre ou de produits laitiers totaux n'était pas associée à la mortalité toutes causes confondues;
  • La consommation totale de produits laitiers, comprenant le lait et le fromage, n'était pas associée à la mortalité due aux maladies cardiovasculaires;
  • La consommation de lait n'était pas associée à la mortalité due au cancer.

Dans une autre méta-analyse d'études de cohorte prospectives, l'association entre la consommation de produits laitiers et le risque d'accident vasculaire cérébral comprenant la mortalité due à un accident vasculaire cérébral, a été évaluée. L'analyse regroupait 15 études, pour un total de 764 635 participants et de 28 138 événements d'accident vasculaire cérébral2.

  • La consommation de produits laitiers totaux, de produits laitiers à faible teneur en gras, de lait fermenté et de fromage était inversement associée au risque d'accident vasculaire cérébral;
  • Les produits laitiers entiers ou à pleine teneur en matières grasses, les produits laitiers non fermentés, le beurre et la crème n'étaient pas associés au risque d'accident vasculaire cérébral;
  • Comparativement à ce qui était observé pour l'incidence d'accident vasculaire cérébral, il existait une association inverse plus forte entre la consommation totale de produits laitiers et la mortalité due à un accident vasculaire cérébral, avec un risque relatif de 0,80 (IC à 95 % : 0,76-0,84; p = 0,01);
  • Une relation non linéaire a été établie entre la consommation de lait et la mortalité due à un accident vasculaire cérébral. La protection maximale se situait à 200 ml/jour pour une réduction du risque de 20 % (IC à 95 % : 0,77-0,84).

Une revue systématique effectuée en 2014 a permis d'évaluer les données sur les produits laitiers et le risque de maladies cardiovasculaires et de mortalité. L'auteure a mentionné que l'ensemble des données indique que « la consommation de produits laitiers ne contribue pas au risque de mortalité toutes causes confondues ou de mortalité due aux maladies cardiovasculaires »3.

Dans leur étude de cohorte prospective de 2015, Praagman et coll. ont examiné l'association entre les aliments fermentés (produits laitiers, légumes, viande) et le risque de mortalité en utilisant les données de la cohorte provenant des Pays-Bas de la European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC). L'échantillon de l'étude regroupait 34 409 adultes néerlandais âgés de 20 à 70 ans suivis pendant 15 ans4.

  • Il n'y avait pas d'association entre le yogourt ou l'ensemble des aliments laitiers fermentés (yogourt, babeurre et Quark) et le risque de mortalité;
  • La consommation de fromage n'était pas associée à la mortalité toutes causes confondues ni à la mortalité due au cancer;
  • Une consommation de fromage plus élevée (30 g/jour vs 16 g/jour) était associée à une réduction du risque de mortalité cardiovasculaire et de mortalité due à un accident vasculaire cérébral de 20 % et de 41 %, respectivement.

Par ailleurs, la relation entre la consommation de produits laitiers et la mortalité due au cancer colorectal a été évaluée dans une étude de cohorte prospective menée aux États-Unis. Les participants étaient 1 111 adultes dont l'âge moyen était de 64 ans au début de l’étude5.

  • La consommation de lait après le diagnostic de cancer était inversement associée à la mortalité toutes causes confondues;
  • L'apport total en calcium après le diagnostic de cancer était associé à une réduction de la mortalité toutes causes confondues et de la mortalité due au cancer colorectal, avec des risques relatifs de 0,72 (IC à 95 % : 0,53-0,98; ptendance = 0,02) et de 0,59 (IC à 95 % : 0,33-1,05; ptendance = 0,01), respectivement;
  • La consommation de produits laitiers avant le diagnostic n'était associée à aucun type de mortalité.

Une étude de cohorte prospective a examiné si la consommation de produits laitiers était associée à un risque mortel ou non mortel d'accident vasculaire cérébral et de maladie coronarienne. L'échantillon de l'étude regroupait 4 235 adultes néerlandais âgés de 55 ans et plus. La période de suivi était de 17 ans. L'étude a démontré que6 :

  • Il n'y avait aucune association entre la consommation de produits laitiers totaux, de produits laitiers à teneur réduite en gras, de lait ou de produits laitiers fermentés et la mortalité due à un accident vasculaire cérébral;
  • Les produits laitiers à pleine teneur en gras étaient associés à une réduction significative de 12 % du risque d'accident vasculaire cérébral mortel, avec un risque relatif de 0,88 par 100 g/jour (IC à 95 % : 0,79-0,99; p = 0,026);
  • Une consommation de produits laitiers à pleine teneur en gras supérieure à 100 g/jour était associée à une réduction quasi significative de 37 % du risque d'accident vasculaire cérébral mortel (p = 0,07), comparativement à une consommation inférieure à 50 g/jour;
  • Il n'y avait aucune association entre la consommation de produits laitiers totaux, de produits laitiers à pleine teneur en gras, de produits laitiers à teneur réduite en gras, de lait ou de produits laitiers fermentés et la mortalité due aux maladies coronariennes.

Une autre étude de cohorte prospective a été réalisée afin d'examiner l'association entre la consommation de produits laitiers et la mortalité dans des endroits où les produits laitiers ne faisaient pas partie de l'alimentation traditionnelle. Les participants, provenant de la Nutrition and Health Survey in Taiwan, formaient une cohorte représentative composée de 3 810 adultes de 19 à 64 ans. Ils ont été suivis pendant 12 à 15 ans, et les données ont été reliées avec celles des enregistrements de décès7.

  • Une relation dose-effet inverse significative a été observée entre la consommation de produits laitiers et la mortalité toutes causes confondues (ptendance = 0,037);
  • Une consommation élevée de produits laitiers (> 7 fois/semaine comparativement à 0 fois/semaine) a été associée à une réduction de la mortalité due aux maladies cardiovasculaires, avec un risque relatif de 0,10 (IC à 95 % : 0,02-0,52; ptendance = 0,002);
  • Une association inverse, mais non significative, a été observée entre la consommation de produits laitiers et la mortalité due au cancer.

Une étude de cohorte prospective menée en Suède a examiné si la consommation de lait était liée à la mortalité. L'étude regroupait 2 cohortes suédoises, pour un total de 61 433 femmes et de 45 339 hommes, et la période de suivi moyenne était de 20 et 13 ans, respectivement8.

  • Une association a été observée entre une consommation de lait plus élevée et une augmentation de la mortalité totale, cardiovasculaire et due au cancer;
  • La consommation de fromage était significativement associée à une diminution de la mortalité totale et cardiovasculaire, et n'était pas associée à la mortalité due au cancer;
  • La consommation de yogourt et de lait acidulé était quant à elle associée à une réduction de la mortalité totale, cardiovasculaire et due au cancer;
  • La présence potentielle de facteurs confondants non considérés dans l'analyse a été évoquée par les auteurs et d'autres experts. Ainsi, les auteurs ont conclu que les résultats devraient être interprétés avec prudence et qu'une réplique indépendante est nécessaire pour confirmer les conclusions.

Les mécanismes potentiels

Les mécanismes par lesquels le lait et les produits laitiers pourraient influencer le risque de mortalité demeurent incertains, mais ils pourraient être liés à plusieurs bienfaits associés au lait et aux produits laitiers. Ces bienfaits comprennent, entre autres, un risque réduit de plusieurs troubles tels que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l'hypertension et certains types de cancer, dont le cancer colorectal et le cancer de la vessie.

Conclusion

L'ensemble des données suggère que la consommation de lait et de produits laitiers n'est pas associée à un risque de mortalité accru.

Davantage de recherche est nécessaire pour évaluer si l’effet sur le risque de la mortalité est différent selon le type de produit laitier.

Mots-clés : cancer , maladies cardiovasculaires , maladies coronariennes , accidents vasculaires cérébraux


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