Fermer Envoyer
à un ami

Votre lien et votre message ont été envoyés !

Fermer Envoyer
à un ami
* champ obligatoire
Oups! Vous avez oublié de remplir certains champs obligatoires.
Chargement...

 Retour à « Maladies cardiovasculaires »

Maladies cardiovasculaires et produits laitiers : résumé des données actuelles

Les produits laitiers, quelle que soit leur teneur en matières grasses, ne semblent pas accroître le risque de maladies cardiovasculaires. En fait, de plus en plus de données indiquent que les produits laitiers sont associés à un risque réduit de maladies cardiovasculaires.

Faits saillants

  • Même si les produits laitiers contiennent des gras saturés, ils auraient tout de même un effet protecteur sur la santé cardiovasculaire;
  • Les produits laitiers à teneur plus élevée en matières grasses seraient aussi bénéfiques que ceux à faible teneur en matières grasses;
  • Les produits laitiers fermentés, notamment le yogourt et le fromage, ont aussi un effet protecteur sur la santé cardiovasculaire;
  • Plusieurs composantes spécifiques des produits laitiers ont été associées à une amélioration des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, mais les produits laitiers en tant que tels pourraient jouer un rôle tout aussi important.

Sommaire

Un nombre croissant de données scientifiques indiquent que la consommation de produits laitiers pourrait réduire le risque de maladies cardiovasculaires. En fait, des données récentes suggèrent que les acides gras saturés contenus dans les produits laitiers n’ont pas d'effets négatifs sur la santé et que les produits laitiers à pleine teneur en gras, par exemple le fromage à pleine teneur en gras, pourraient contribuer à protéger la santé cardiovasculaire. Cela a amené les chercheurs à conclure que les données actuelles n’appuient pas l’idée selon laquelle nous devons favoriser les produits laitiers à faible teneur en gras dans les lignes directrices en matière d'alimentation.

Par ailleurs, de nombreuses composantes du lait pourraient être liées à la prévention ou à la gestion des facteurs de risque cardiovasculaire, y compris la vitamine D, le calcium, le potassium, le magnésium, le phosphore, les protéines, les peptides bioactifs et les acides gras laitiers.

Les données scientifiques

Une méta-analyse de 27 études de cohorte prospectives publiée par Gholami et coll. en 2017 a examiné l’association entre la consommation de produits laitiers et les maladies cardiovasculaires1.

  • La consommation de produits laitiers était associée à une réduction de 10 % du risque de maladies cardiovasculaires et de 12 % du risque d’accidents vasculaires cérébraux;
  • La consommation de produits laitiers était également associée à une réduction de 20 % du risque de mortalité due à un accident vasculaire cérébral;
  • Aucune association n’a été observée entre la consommation de produits laitiers totaux et les maladies coronariennes.

Une méta-analyse de 31 études de cohorte prospectives, publiée en 2016 par Alexander et coll., a examiné l'association entre la consommation de produits laitiers et le risque de maladies cardiovasculaires2.

  • La consommation de produits laitiers, y compris ceux à pleine teneur en gras, était associée à une réduction du risque d’accidents vasculaires cérébraux de 9 %;
  • Le calcium laitier était associé à une diminution de 31 % du risque d'accidents vasculaires cérébraux;
  • La consommation de fromage était associée à une réduction de 18 du risque de maladies coronariennes et de 13 % du risque d'accidents vasculaires cérébraux.

En 2016, Drouin-Chartier et coll. ont publié une revue systématique de méta-analyses d’études de cohorte prospectives qui fournit une perspective approfondie sur les associations entre la consommation de produits laitiers et le risque de résultats cardiovasculaires3. Les auteurs de cette revue ont conclu qu’il n'existe aucune donnée selon laquelle la consommation d’un type de produit laitier en particulier est associée à un effet nuisible sur les résultats cardiovasculaires. En fait :

  • Des données de qualité élevée indiquent que la consommation de produits laitiers totaux est associée à un risque réduit d’hypertension;
  • Des données de qualité élevée indiquent que la consommation de produits laitiers à teneur réduite en gras et de yogourt est associée à un risque réduit de diabète de type 2;
  • Des données de qualité modérée suggèrent que la consommation de produits laitiers totaux est associée à un risque réduit d’accidents vasculaires cérébraux, de syndrome métabolique et de diabète de type 2;
  • Des données de qualité modérée à élevée indiquent que la consommation de produits laitiers à pleine teneur en matières grasses n'accroît pas le risque de maladies coronariennes, d’accidents vasculaires cérébraux, d’hypertension ou de diabète de type 2.

En 2016, Drouin-Chartier et coll. ont également publié une revue exhaustive des données issues d’études randomisées examinant l’impact des produits laitiers et du gras laitier sur les facteurs de risque cardiométabolique, notamment les lipides sanguins, la tension artérielle, l’insulinorésistance et la fonction vasculaire4. Cette revue suggère qu’il n’est pas justifié de favoriser les produits laitiers à faible teneur en gras plutôt que les produits laitiers à pleine teneur en gras dans les lignes directrices en matière d'alimentation.

  • Accroître la consommation de produits laitiers n’a généralement aucun effet significatif sur le cholestérol LDL, peu importe le type de produits laitiers ou leur teneur en matières grasses;
  • La consommation de produits laitiers n’a aucun effet sur le cholestérol HDL ou la concentration de triglycérides;
  • La consommation de produits laitiers et de gras laitier ne semble pas avoir d’effets sur l’inflammation systémique;
  • La consommation de produits laitiers n’a pas d’effets sur l’insulinorésistance et l’homéostasie du glucose et de l’insuline à court terme. Cependant, elle pourrait être bénéfique à long terme;
  • La plupart des études randomisées ont démontré que les produits laitiers n’ont aucun effet sur la tension artérielle ou la fonction vasculaire; cependant, les auteurs notent que ces résultats ne sont pas cohérents avec les données épidémiologiques selon lesquelles la consommation de produits laitiers est associée à un risque réduit d'hypertension.

Une méta-analyse de 15 études de cohorte prospectives publiée en 2016 par Chen et coll. a évalué les associations entre la consommation de fromage et le risque de maladies cardiovasculaires, de maladies coronariennes et d’accidents vasculaires cérébraux. La majorité des études (13/15) ont suivi les participants pendant plus de 10 ans5.

  • Comparativement à une consommation plus faible, une consommation plus élevée de fromage a été associée à une réduction de 14 % du risque de maladies coronariennes et de 10 % du risque d’accidents vasculaires cérébraux et de maladies cardiovasculaires totales;
  • Les plus importantes réductions du risque de maladies cardiovasculaires ont été observées avec une consommation d’environ 40 g de fromage par jour.

L’étude à grande échelle PURE (Prospective Urban Rural Epidemiology) a évalué les associations entre la consommation de produits laitiers et le risque d’événements cardiovasculaires majeurs (c.-à-d. crise cardiaque, accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque et décès dû à des causes cardiovasculaires). Cette étude, publiée en 2018 sur la base de données provenant de 136 000 adultes répartis dans 21 pays sur 5 continents et suivis pendant une période médiane de 9,1 ans, a permis de conclure ce qui suit6 :

  • La consommation de produits laitiers (>2 portions/jour vs 0) était associée à une réduction de 22 % du risque de maladies cardiovasculaires et de 34 % du risque d’accidents vasculaires cérébraux;
  • La consommation de lait (>1 portion/jour vs 0) était associée à une réduction de 18 % du risque de maladies cardiovasculaires;
  • La consommation de yogourt (>1 portion/jour vs 0) était associée à une réduction de 10 % du risque de maladies cardiovasculaires;
  • La consommation de produits laitiers à pleine teneur en gras (>1 portion/jour vs 0) était associée à une réduction de 32 % du risque de maladies cardiovasculaires.

Les mécanismes potentiels

La consommation de produits laitiers a été inversement associée à plusieurs facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, dont l’hypertensionl’obésitéle diabète et l’inflammation.

Les effets des produits laitiers pourraient être influencés par certains micronutriments, acides aminés, acides gras et probiotiques7.

En effet, plusieurs nutriments contenus dans les produits laitiers pourraient avoir un effet bénéfique sur la santé cardiovasculaire (voir le tableau ci-dessous)8,9. De plus, des données suggèrent que la matrice complexe des produits laitiers en tant que telle, plutôt que leurs composantes individuelles, pourrait jouer un rôle tout aussi important dans l'amélioration de la santé cardiovasculaire8.

Composantes du lait Effets mécanistes potentiels
Vitamine D
  • Amélioration du profil des lipides sanguins
  • Augmentation de la sensibilité à l’insuline
  • Contrôle de la tension artérielle grâce à la régularisation du système rénine-angiotensine-aldostérone
Calcium
  • Diminution de la résistance vasculaire et de la tension artérielle
  • Amélioration du profil des lipides sanguins
  • Inhibition de l'absorption du gras due à la fixation du calcium aux acides gras afin de former des savons insolubles
Potassium
  • Réduction de la tension artérielle
Magnésium
  • Contrôle de la tension artérielle
Phosphore
  • Gestion de la tension artérielle
Protéines et peptides bioactifs
  • Augmentation du niveau de satiété
  • Amélioration du profil des lipides sanguins
  • Réduction de la tension artérielle grâce à l'inhibition de l'enzyme de conversion de l'angiotensine 1
Acides gras laitiers (ex. acides linoléiques conjugués)
  • Gestion du poids grâce à l'inhibition de l'adipogenèse et à la régularisation de la lipogenèse
  • Amélioration du profil des lipides sanguins
  • Augmentation de la sensibilité à l'insuline et de la tolérance au glucose
  • Effet anti-inflammatoire

Conclusion

Les données actuelles indiquent que les produits laitiers ne sont pas associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires, peu importe leur teneur en matières grasses.

En fait, un nombre croissant de données suggèrent que la consommation de produits laitiers, notamment de lait, de fromage et de yogourt, peut contribuer à protéger la santé cardiovasculaire.

De plus, les données actuelles se semblent pas justifier que l’on continue de favoriser dans les directives en matière d'alimentation les produits laitiers à faible teneur en gras plutôt que les produits laitiers à pleine teneur en gras, par exemple le fromage à pleine teneur en gras.

Les produits laitiers sont des aliments complexes qui contiennent de nombreux nutriments clés. D'autres études mécanistes sont nécessaires pour bien comprendre comment ces composantes ou la matrice alimentaire des produits laitiers pourraient contribuer à réduire le risque de maladies cardiovasculaires.

Mots-clés : gras saturés , aladies cardiovasculaires , maladies coronariennes , accidents vasculaires cérébraux , peptides bioactifs , acides linoléiques conjugués


  • Matériel éducatif Matériel éducatif Matériel éducatif
    Matériel éducatif

    Vous avez besoin de ressources éducatives dans le cadre de votre travail? Téléchargez des copies en ligne ou commandez des versions imprimées gratuitement.

    Faire une demande
  • /infolettre
    NutriNouvellesMD

    Chaque mois, des articles intéressants sont publiés dans notre infolettre NutriNouvelles. Inscrivez-vous dès aujourd'hui pour demeurer au courant des recherches et données scientifiques les plus récentes.

    Abonnez-vous