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 Retour à « Maladies cardiovasculaires »

Syndrome métabolique et produits laitiers

Plusieurs études, y compris des méta-analyses, démontrent que le lait et les produits laitiers sont associés à une réduction du risque de syndrome métabolique.

Faits saillants

  • Des études ont démontré que les produits laitiers (par exemple le lait, le yogourt et le fromage) sont inversement associés au syndrome métabolique;
  • Les produits laitiers plus riches en matières grasses ne semblent pas accroître le risque de syndrome métabolique;
  • Il semble que plusieurs composantes et nutriments du lait seraient responsables des mécanismes potentiels sous-jacents à l’effet protecteur des produits laitiers contre le syndrome métabolique.

Il existe de plus en plus de données scientifiques portant sur le rôle du lait et des produits laitiers dans la prévention du syndrome métabolique. Au cours des dernières années, plusieurs études ont démontré que les produits laitiers jouent un rôle dans la réduction du risque de développer le syndrome métabolique.

Les faits sur le syndrome métabolique

Le syndrome métabolique est également connu sous le nom de syndrome cardiométabolique, syndrome d’insulinorésistance ou syndrome X. Il regroupe un ensemble de facteurs de risque cardiométaboliques qui augmentent les risques de maladies cardiovasculaires. En fait, le syndrome métabolique est considéré comme étant un facteur important dans l’apparition des maladies cardiovasculaires et du diabète de type 2.

Par ailleurs, selon l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé de 2012-2013, au Canada, environ 21 % des adultes âgés de 18 à 79 ans sont atteints du syndrome métabolique1.

Tel qu’il a été établi dans les lignes directrices consensuelles internationales de la Fédération Internationale du Diabète (FID), en collaboration avec l’American Heart Association et le National Heart, Lung, and Blood Institute (AHA/NHLBI), un diagnostic de syndrome métabolique est posé lorsque 3 des 5 facteurs de risque suivants sont présents2 :

Critères de diagnostic clinique du syndrome métabolique2

(Diagnostic = 3 facteurs de risque ou plus)

Facteur de risque Valeur
Tour de taille élevé

Définitions propres à la population et au pays (au Canada, elles sont établies par Santé Canada)

≥ 102 cm (hommes)
 ≥ 88 cm (femmes)

Taux élevé de triglycérides (ou traitement médicamenteux pour un taux élevé de triglycérides) ≥ 1,7 mmol/l
Faible taux de cholestérol HDL (ou traitement médicamenteux pour un faible taux de cholestérol HDL) < 1,0 mmol/l (hommes)
 < 1,3 mmol/l (femmes)
Tension artérielle élevée (ou traitement médicamenteux antihypertenseur ou antécédents d’hypertension) Systolique ≥ 130 mm Hg et/ou diastolique ≥ 85 mm Hg
Glycémie à jeun élevée (ou traitement médicamenteux pour glycémie élevée) ≥ 5,6 mmol/l

Les données scientifiques

Une méta-analyse d’études d’observation réalisée en 2015 a évalué l’effet de la consommation de produits laitiers sur le risque de syndrome métabolique. Les analyses portaient sur 8 études de cohorte prospectives qui regroupaient un total de 31 944 participants3.

  • La catégorie de consommation de produits laitiers la plus élevée, comparativement à la catégorie de consommation la moins élevée, était associée à une réduction de 15 % du risque de syndrome métabolique;
  • Il a été démontré qu’une consommation plus élevée de lait et de fromage entraînait une réduction significative du risque de syndrome métabolique, soit de 24 et 19 %, respectivement;
  • Chaque portion additionnelle de produits laitiers par jour était associée à une diminution de 12 % du risque de syndrome métabolique.

Dans une autre méta-analyse de 7 études de cohorte prospectives, les auteurs ont observé que4 :

  • Une consommation plus élevée de produits laitiers était associée à une réduction de 14 % du risque de développer le syndrome métabolique;
  • Le lait était associé à une diminution de 25 % du risque de syndrome métabolique;
  • Chaque portion additionnelle de produits laitiers par jour était associée à une diminution de 6 % du risque de syndrome métabolique.

Drehmer et coll. ont examiné l’association entre le syndrome métabolique et différents types de produits laitiers dont la teneur en matières grasses variait. L’analyse regroupait 9 835 participants âgés de 35 à 74 ans issus de la Brazilian Longitudinal Study of Adult Health, une étude de cohorte prospective5.

  • Les produits laitiers, particulièrement les produits laitiers à pleine teneur en gras, le beurre et le yogourt, étaient associés à un risque réduit de syndrome métabolique pour chaque portion additionnelle par jour;
  • Les produits laitiers à teneur réduite en gras n’étaient pas associés à un risque de syndrome métabolique.

À l’aide des données du projet SUN (Seguimiento Universidad de Navarra), une étude de cohorte prospective menée en Espagne, l’association entre la consommation de yogourt et l’incidence de syndrome métabolique a été examinée chez 8 063 participants qui ont été suivis pendant un minimum de 6 ans6.

  • Des associations inverses non significatives ont été observées entre une consommation plus élevée de yogourt (≥ 7 portions/semaine vs < 2 portions/semaine), comprenant du yogourt à pleine teneur en matières grasses et du yogourt à faible teneur en gras, et l’incidence de syndrome métabolique;
  • Une consommation plus élevée de yogourt, particulièrement de yogourt à pleine teneur en matières grasses, était associée à une réduction de 15 % du risque d’adiposité centrale;
  • La combinaison de la consommation de yogourt et de fruits était associée à un risque réduit de syndrome métabolique.

Dans une analyse prospective réalisée auprès de 1 868 adultes âgés de 55 à 80 ans issus de l’étude PREDIMED (Prevención con Dieta Mediterránea), après une période de suivi de 3 ans, les auteurs ont observé ce qui suit7 :

  • Une consommation plus élevée de produits laitiers à teneur réduite en gras était associée à une diminution de 23 % du risque de syndrome métabolique;
  • La consommation de yogourt (y compris le yogourt à pleine teneur en matières grasses et le yogourt à faible teneur en matières grasses) était associée à une réduction de 22 à 27 % du risque de développer le syndrome métabolique.

Les mécanismes potentiels

Les protéines et les peptides bioactifs
Il a été démontré que les protéines laitières, et plus particulièrement le lactosérum, pourraient améliorer la composition corporelle et avoir un impact positif sur la synthèse des protéines musculaires. On a également observé que les protéines de lactosérum aident à contrôler la glycémie8.

De plus, les peptides bioactifs contenus dans les protéines laitières pourraient contribuer à réduire la tension artérielle grâce à l’action d’inhibition de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ACE)8.

La vitamine D
Plusieurs études épidémiologiques ont démontré qu’un apport et un statut adéquats en vitamine D pourraient avoir un effet protecteur contre le syndrome métabolique. De nombreux mécanismes ont été proposés pour expliquer comment la vitamine D pourrait moduler la santé cardiométabolique. Ces mécanismes comprennent9 :

  • la réduction de la dyslépidémie par le maintien de l’homéostasie calcique,
  • la stimulation de la production et de la libération d’insuline,
  • la régularisation du système rénine-angiotensine-aldostérone, qui favorise la gestion de la tension artérielle.

Le calcium, le potassium et le magnésium
Des données suggèrent que le calcium pourrait améliorer le bilan lipidique sanguin grâce à la médiation potentielle de l’excrétion fécale de matières grasses8.

De plus, le calcium, le potassium et le magnésium contenus dans le lait pourraient faciliter la gestion de la tension artérielle en réduisant la rétention du sodium au moyen de divers mécanismes. Le calcium alimentaire pourrait favoriser la régularisation hormonale du calcium intracellulaire, qui a un impact positif sur la tension artérielle. Le potassium contribue également en inhibant la pro-inflammation des cellules du muscle lisse de la paroi vasculaire, réduisant ainsi l’agrégation plaquettaire et la résistance vasculaire rénale. Le magnésium pourrait aussi jouer un rôle dans la modulation des concentrations de calcium intracellulaire8.

Les acides linoléiques conjugués (ALC) et les matières grasses du lait
Il semble que les matières grasses du lait améliorent le ratio cholestérol HDL/cholestérol total. Les acides gras saturés présents dans les matières grasses du lait ont également un impact favorable sur les taux de triglycérides8.

Il a été démontré que les ALC offrent de nombreux bienfaits potentiels sur la santé cardiométabolique, particulièrement grâce à leurs effets sur les lipides plasmatiques et les lipoprotéines8.

Finalement, certains acides gras laitiers (p. ex. le 15:0 et le 17:0), qui sont des biomarqueurs de la consommation de produits laitiers, ont été associés à un risque réduit de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 210,11,12.

Conclusions

Les données actuelles suggèrent que le lait et les produits laitiers sont associés à un risque réduit de syndrome métabolique.

Davantage de recherches devront être menées afin de fournir de données définitives au sujet de l’association entre les différents types de produits laitiers et la prévention du syndrome métabolique.

D’autres études sont également requises afin de clarifier le rôle mécaniste des composantes du lait dans la prévention du développement du syndrome métabolique.

Références

  1. Statistique Canada. 2014. Syndrome métabolique chez les adultes, 2012 à 2013. www.statcan.gc.ca. Consulté le 11 décembre 2015.
  2. Alberti KG et coll. Harmonizing the metabolic syndrome: a joint interim statement of the International Diabetes Federation Task Force on Epidemiology and Prevention; National Heart, Lung, and Blood Institute; American Heart Association; World Heart Federation; International Atherosclerosis Society; and International Association for the Study of Obesity. Circulation 2009;120:1640-1645.
  3. Kim Y et Je Y. Dairy consumption and risk of metabolic syndrome: a meta-analysis. Diabet Med 2015. doi: 10.1111/dme.12970.
  4. Chen GC et coll. Dairy products consumption and metabolic syndrome in adults: systematic review and meta-analysis of observational studies. Sci Rep 2015;5:14606.
  5. Drehmer M et coll. Total and full-fat, but not low-fat, dairy product intakes are inversely associated with metabolic syndrome in adults.J Nutr 2015. doi: 10.3945/jn.115.220699.
  6. Sayón-Orea C et coll. Association between yogurt consumption and the risk of metabolic syndrome over 6 years in the SUN study. BMC Public Health 2015;15:170.
  7. Babio N et coll. Consumption of yogurt, low-fat milk, and other low-fat dairy products is associated with lower risk of metabolic syndrome incidence in an elderly Mediterranean population. J Nutr 2015;145:2308-2316.
  8. Rice BH et coll. Dairy components and risk factors for cardiometabolic syndrome: recent evidence and opportunities for future research. Adv Nutr 2011;2:396-407.
  9. Muldowney S et Kiely M. Vitamin D and cardiometabolic health: a review of the evidence. Nutr Res Rev 2011;24:1-20.
  10. Santaren ID et coll. Serum pentadecanoic acid (15:0), a short-term marker of dairy food intake, is inversely associated with incident type 2 diabetes and its underlying disorders. Am J Clin Nutr 2014;100:1532-1540.
  11. Chowdhury R et coll. Association of dietary, circulating, and supplement fatty acids with coronary risk: a systematic review and meta-analysis. Ann Intern Med 2014;160:398-406.
  12. de Oliveira Otto MC et coll. Biomarkers of dairy fatty acids and risk of cardiovascular disease in the Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis. J Am Heart Assoc 2013;2:e000092.

Mots-clés : syndrome métabolique , calcium , peptides bioactifs , vitamine D , lactosérum


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