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Syndrome prémenstruel et produits laitiers : mise à jour sur les données

Le syndrome prémenstruel (SPM) affecte une grande proportion des femmes. Certaines modifications aux habitudes de vie – entre autres l’adoption d’une saine alimentation – peuvent aider à contrôler les symptômes légers et modérés. Par exemple, plusieurs chercheurs ont identifié le calcium comme un nutriment clé pour contrer le SPM.

Sonia Pomerleau, Dt.P., M. Sc.

Professionnelle de recherche – nutritionniste
Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF)
Université Laval

Faits saillants

  • Des données épidémiologiques indiquent qu’environ 80 à 90 % des femmes souffrent de symptômes associés au syndrome prémenstruel;
  • Certaines modifications au mode de vie pourraient aider les femmes à diminuer la fréquence des symptômes prémenstruels;
  • Des études d’observation démontrent que les femmes qui consomment une plus grande quantité de produits laitiers ont moins de symptômes associés au syndrome prémenstruel;
  • Parmi les nutriments qui pourraient prévenir le syndrome prémenstruel, le calcium et la vitamine D semblent les plus efficaces.

Introduction

Le syndrome prémenstruel se définit par un ensemble de symptômes physiques et émotifs observés durant la période précédant les règles. Ces symptômes touchent de 80 à 90 % des femmes en âge de procréer1. Les symptômes les plus couramment ressentis sont :

  • l’irritabilité,
  • l’anxiété,
  • la dépression,
  • les douleurs aux seins et au bas-ventre,
  • la rétention d’eau,
  • les maux de tête ou migraines2.

Le facteur de risque le plus connu est l’hérédité. Toutefois, d’autres facteurs semblent accroître l’intensité des symptômes :

  • l’obésité3,4,
  • une alimentation pauvre en calcium, en magnésium et en vitamine B64,5,
  • une alimentation riche en méthylxanthines (café, thé, cola, chocolat)6,7,
  • le tabagisme3,4,6.

Bien que les traitements en lien avec le syndrome prémenstruel servent généralement à réduire l’intensité des symptômes, certaines modifications au mode de vie, entre autres une saine alimentation, pourraient aider les femmes à en diminuer la fréquence.

L’alimentation

Diverses études se sont penchées sur les différences entre l’alimentation des femmes ayant le syndrome prémenstruel et celle des femmes qui ne le sont pas. À cet égard, une étude d’observation menée auprès de 171 adolescentes a démontré que celles qui consommaient moins de lait souffraient davantage de certains symptômes tels que les crampes abdominales, les ballonnements, les rages alimentaires et la hausse de l’appétit8. Des résultats similaires ont été rapportés dans le cadre d’une autre étude d’observation. Celle-ci a révélé que les femmes qui consommaient quotidiennement de 3 à 4 portions de produits laitiers présentaient moins de symptômes prémenstruels que celles qui n’en consommaient aucune9.

Par ailleurs, une étude transversale menée chez 177 femmes âgées de 18 à 24 ans a examiné l’association entre certains symptômes prémenstruels et la consommation de produits laitiers10. Les chercheurs ont remarqué que les maux de tête et l’isolement social (observé en période prémenstruelle) étaient moins fréquents chez les femmes consommant plus de produits laitiers.

Calcium

Le nutriment qui semble le plus lié à la réduction des symptômes du SPM est le calcium11. En effet, de nombreuses données scientifiques montrent une corrélation entre l’hypocalcémie et plusieurs symptômes du SPM tels que la fatigue, l’anxiété, la dépression, les changements d’humeur et les crampes12. C’est pourquoi certains auteurs se sont penchés sur l’ajout d’un supplément de calcium comme traitement du SPM.

À ce sujet, un article de revue de littérature a recensé diverses solutions non médicamenteuses visant à soulager les femmes ayant le syndrome prémenstruel13. Les auteurs citent entre autres une étude indiquant qu’un apport de 1 200 mg/jour en calcium est associé à une diminution significative de certains symptômes prémenstruels, tels que la fatigue, la dépression, l’œdème et les douleurs (p = 0,007 après 2 cycles et p < 0,001 après 3 cycles)12. D’ailleurs, les auteurs d’une revue systématique ont conclu que seul le calcium pouvait faire partie des traitements naturels permettant de diminuer les symptômes prémenstruels14.

De plus, une étude randomisée parallèle à double insu a évalué l’effet de la prise d’un supplément de calcium (1 000 mg/jour) pendant 3 mois chez 179 femmes15. Le supplément a engendré une diminution de certains symptômes prémenstruels tels que la dépression, la hausse de l’appétit et la fatigue.

De façon similaire, les auteurs d’une étude d’observation ont noté que le taux de calcium dans les globules rouges de 46 femmes ayant le syndrome prémenstruel était plus faible que celui de 50 femmes ne l’ayant pas16.

Une étude cas-témoin menée aux États-Unis et regroupant 3 025 participantes a démontré que celles dont l’apport en calcium était plus élevé avaient un risque relatif de syndrome prémenstruel réduit de 30 % comparativement à celles dont l’apport était plus faible17. Les quantités de calcium nécessaires pour observer cet effet équivalaient à 4 portions de produits laitiers par jour. En somme, ces études suggèrent que le calcium pourrait avoir un effet positif sur le syndrome prémenstruel.

Par ailleurs, dans une étude randomisée à double insu avec placebo, un supplément de calcium (1 000 mg/jour) a été intégré pendant 2 cycles menstruels à l’alimentation de femmes (n = 180) ayant le syndrome prémenstruel sévère18. Les auteurs ont noté une baisse de la sévérité des symptômes chez les femmes recevant le supplément de calcium, mais la différence n’était pas significative par rapport aux femmes recevant le placebo. Des résultats similaires ont été observés dans une étude parallèle à double insu (n = 39) avec une dose de 1 200 mg/jour de calcium pendant 4 cycles19. Les bienfaits observés avec la prise du supplément de calcium étaient modestes et non significatifs.

Parmi les hypothèses soulevées pour expliquer l’impact du calcium sur le syndrome prémenstruel, certains auteurs suggèrent qu’il y aurait des similarités entre les symptômes prémenstruels et ceux de l’hypocalcémie (ex. : dépression, anxiété et fatigue)20. Si ces symptômes peuvent entre autres être la conséquence d’une déficience en calcium, un apport adéquat en calcium pourrait atténuer certaines des manifestations. Une autre étude a relevé que le niveau d’excrétion du calcium variait durant le cycle menstruel, ce qui mènerait à une baisse du calcium sérique en période prémenstruelle21. Malgré ces explications, le mécanisme d’action du calcium sur le syndrome prémenstruel demeure imprécis.

Vitamine D

Outre ses effets sur la santé osseuse, la vitamine D offrirait d’autres bienfaits. Dans une étude cas-témoin les femmes qui avaient un apport supérieur en vitamine D sous forme alimentaire (soit l’équivalent de 400 UI/jour) présentaient 41 % moins de risque de développer le syndrome prémenstruel17.

De façon similaire, les résultats d’une étude d’observation (n = 186) publiée en 2010 suggèrent qu’un apport accru en vitamine D d’origine alimentaire serait inversement lié à certains symptômes prémenstruels4. Bien que cette association n’atteigne pas le seuil de significativité, les auteurs ont noté que l’apport en vitamine D des femmes qui répondaient aux critères du syndrome prémenstruel était significativement moins élevé. Somme toute, les données scientifiques nous permettent de conclure que la vitamine D pourrait jouer un rôle dans la prévention du syndrome prémenstruel. Cependant, davantage d’études seront nécessaires pour examiner cet effet plus en profondeur. Il importe également de noter que les mécanismes d’action associés à ces effets demeurent inconnus.

Conclusion

Le syndrome prémenstruel touche de nombreuses femmes en âge de procréer. Or, certaines modifications à l’alimentation permettraient de mieux en gérer les symptômes. À cet égard, une consommation accrue de produits laitiers semble être liée à un risque réduit de syndrome prémenstruel. Plus précisément, le calcium et la vitamine D semblent être les nutriments ayant le plus d’impact sur la prévention des symptômes associés au syndrome prémenstruel.

Références

  1. Cheng SH et coll. Factors associated with premenstrual syndrome - a survey of new female university students. Kaohsiung J Med Sci 2013;29:100-105.
  2. Budeiri DJ et coll. Clinical trials of treatments of premenstrual syndrome: entry criteria and scales for measuring treatment outcomes. Br J Obstet Gynaecol 1994;101:689-695.
  3. Sadler C et coll. Lifestyle factors, hormonal contraception, and premenstrual symptoms: the United Kingdom Southampton Women's Survey. J Womens health 2010;19:391-396.
  4. Bertone-Johnson ER et coll. Dietary vitamin D intake, 25-hydroxyvitamin D3 levels and premenstrual syndrome in a college-aged population. J Steroid Biochem Mol Biol 2010;121:434-437.
  5. Chocano-Bedoya PO et coll. Intake of selected minerals and risk of premenstrual syndrome. Am J Epidemiol 2013;177:1118-1127.
  6. Abraham GE. Nutritional factors in the etiology of the premenstrual tension syndromes. J Reprod Med 1983;28:446-464.
  7. Campagne DM et Campagne G. The premenstrual syndrome revisited. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2007;130:4-17.
  8. Derman O et coll. Premenstrual syndrome and associated symptoms in adolescent girls. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2004;116:201-206.
  9. Abdul-Razzak KK et coll. Influence of dietary intake of dairy products on dysmenorrhea. J Obstet Gynaecol Res 2010;36:377-383.
  10. Obeidat BA et coll. Premenstrual symptoms in dysmenorrheic college students: prevalence and relation to vitamin D and parathyroid hormone levels. Int J Environ Res Public Health 2012;9:4210-4222.
  11. Fugh-Berman A et Kronenberg F. Complementary and alternative medicine (CAM) in reproductive-age women: a review of randomized controlled trials. Reprod Toxicol 2003;17:137-152.
  12. Thys-Jacobs S et coll. Calcium carbonate and the premenstrual syndrome: effects on premenstrual and menstrual symptoms. Premenstrual Syndrome Study Group. Am J Obstet Gynecol 1998;179:444-452.
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  17. Bertone-Johnson ER et coll. Calcium and vitamin D intake and risk of incident premenstrual syndrome. Arch Intern Med 2005;165:1246-1252.
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  19. Yonkers KA et coll. A pilot study to compare fluoxetine, calcium, and placebo in the treatment of premenstrual syndrome. J Clin Psychopharmacol 2013;33:614-620.
  20. Thys-Jacobs S. Micronutrients and the premenstrual syndrome: the case for calcium. J Am Coll Nutr 2000;19:220-227.
  21. Thys-Jacobs S et coll. Cyclical changes in calcium metabolism across the menstrual cycle in women with premenstrual dysphoric disorder. J Clin Endocrinol Metab 2007;92:2952-2959.

Mots-clés : syndrome prémenstruel , produits laitiers , calcium , vitamine D


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