Fermer Envoyer
à un ami

Votre lien et votre message ont été envoyés !

Fermer Envoyer
à un ami
* champ obligatoire
Oups! Vous avez oublié de remplir certains champs obligatoires.
Chargement...

 Retour à « Santé osseuse et ostéoporose »

Comment la consommation de produits laitiers peut-elle influencer le risque de fracture?

Le lien entre la consommation de produits laitiers et le risque de fracture osseuse a été examinée dans plusieurs études, comprenant une méta-analyse. De façon générale, les données suggèrent que la consommation de produits laitiers n’est pas associée à un risque accru de fracture osseuse et qu’elle pourrait même le réduire.

Faits saillants

  • Le lait et les produits laitiers, par exemple le yogourt et le fromage, ne semblent pas être associés au risque de fracture ou seraient associés à un risque réduit, particulièrement chez les femmes;
  • Une relation similaire a été observée chez les hommes. Toutefois, les données à cet effet sont limitées.

Sommaire

Bien que le risque de fracture soit influencé par des facteurs non modifiables tels que l’âge et le sexe, plusieurs facteurs liés au mode de vie jouent également un rôle, notamment l’alimentation, le niveau d’activité physique, le tabagisme et la consommation d’alcool. Par ailleurs, certains troubles médicaux chroniques et l’utilisation à long terme de certains médicaments pourraient accroître le risque de fracture en affaiblissant les os. De nombreuses variables, dont la prédisposition génétique, pourraient également avoir une incidence sur l’efficacité des interventions.

Le lait contient de nombreux éléments nutritifs essentiels et composés bioactifs qui favorisent la minéralisation osseuse et est ainsi traditionnellement associé à des os solides. Néanmoins, l’impact du lait et des produits laitiers sur le risque de fracture n’est pas encore clair, et les mécanismes associés demeurent incertains.

À ce jour, l’ensemble des données disponibles suggère que la consommation de lait et de produits laitiers, comme le yogourt et le fromage, n’est pas associée au risque de fracture ou est associée à un risque réduit de fracture.

Les données scientifiques

Une méta-analyse publiée en 2011 a examiné l’association entre la consommation de lait et le risque de fracture de la hanche chez des adultes âgés de 34 à 80 ans. L’analyse regroupait des données de 7 études de cohorte prospectives (n = 270, 251), dont la Health Professionals Follow-up Study et la Swedish Mammography Study1.

  • Il n’y avait pas d’association significative entre la consommation de lait et le risque de fracture de la hanche, ni chez les hommes ni chez les femmes;
  • Si l’on excluait l’étude suédoise (qui représente une valeur aberrante), une réduction de 5 % du risque de fracture de la hanche par verre de lait quotidien était observée chez les femmes.

Une étude de cohorte prospective réalisée par Khan et coll. a analysé les associations à long terme entre l’apport en calcium alimentaire et les fractures chez 41 514 adultes âgés de 40 à 69 ans issus de la Melbourne Collaborative Cohort Study2.

  • Il existait une relation inverse entre l’apport en calcium alimentaire et le risque de fracture;
  • Les adultes ayant une consommation de produits laitiers plus élevée étaient moins susceptibles de présenter des fractures après l’âge de 50 ans.

Feskanich et coll. ont mené une étude de cohorte prospective afin d’évaluer si la consommation de lait chez les adolescents influencerait la taille atteinte et le risque de fracture de la hanche plus tard dans la vie adulte. Les 96 927 participants de la cohorte, qui regroupait des infirmières et des médecins âgés de 21 à 103 ans issus de la Nurses’ Health Study et de la Health Professionals Follow-up Study, ont été suivis pendant plus de 22 ans3.

  • La consommation de lait ou de fromage pendant l’adolescence n’était pas associée à un risque de fracture plus tard dans la vie adulte;
  • Chez les hommes, une consommation plus élevée de lait durant l’adolescence augmentait le risque de fracture de 9 %, mais l’association devenait non significative après ajustement pour la taille.

Dans une autre étude de cohorte prospective, 5 718 adultes blancs âgés de 26 à 85 ans qui participaient à la Framingham Offspring Study ont été suivis pendant 12 ans en vue d’étudier la relation entre les produits laitiers, la densité minérale osseuse et les fractures de la hanche4.

  • Il existait une relation inverse non significative entre la consommation de lait et de yogourt et le risque de fracture de la hanche;
  • Les participants du tertile le plus élevé de consommation de produits laitiers liquides (lait et yogourt combinés) présentaient un risque de fracture de la hanche 60 % plus faible par rapport à ceux du tertile le moins élevé.

Une étude de cohorte prospective réalisée par Michaëlsson et coll. a examiné si une consommation élevée de lait était associée à la mortalité et aux fractures. Cette étude a suivi, pendant jusqu’à 20 ans, 106 772 adultes âgés de 29 à 79 ans de la Swedish Mammography Cohort et de la Cohort of Swedish Men5.

  • Le fromage et les produits laitiers fermentés étaient inversement associés aux taux de fracture, particulièrement chez les femmes;
  • Les femmes qui consommaient ≥ 3 verres de lait par jour présentaient une augmentation de 16 % du risque de fracture, dont un accroissement de 60 % du risque de fracture de la hanche;
  • Chez les hommes, il n’y avait pas d’association entre le risque de fracture et tout niveau de consommation de lait;
  • Comme le rappellent les auteurs, les résultats devraient être interprétés avec prudence, car il se pourrait que tous les facteurs confondants n’aient pas été pris en compte. Une réplique indépendante est requise pour confirmer les conclusions de l’étude.

Deux autres études de cohorte prospectives ont examiné la relation entre la consommation de produits laitiers et la fracture de la hanche. Sahni et coll. ont inclus dans leur étude 764 aînés blancs de la Framingham Offspring Study, tandis que Benetou et coll. ont étudié 29 122 adultes issus de la cohorte de l’European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC). Aucune des deux études n’a révélé d’association entre la consommation de produits laitiers et le risque de fracture de la hanche6,7.

Des données portant sur 3 251 femmes blanches âgées de 20 à 90 ans de la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) III ont été utilisées dans une étude transversale. La relation entre la santé des os, y compris les fractures ostéoporotiques, et la consommation de lait durant l’enfance et l’adolescence a été examinée8.

  • Chez les femmes âgées de ≥ 50 ans, une faible consommation de lait pendant l’enfance, mais pas durant l’adolescence, était associée à une probabilité accrue de fractures ostéoporotiques et à un risque à vie de fracture plus élevé;
  • Chez les femmes âgées de 20 à 49 ans, la consommation de lait durant l’enfance et l’adolescence ne semblait pas être associée au risque à vie de fracture.

Les mécanismes potentiels

Les mécanismes potentiels sous-jacents à l’association entre la consommation de produits laitiers et le risque de fracture ne sont pas entièrement compris, mais ils sont probablement liés au rôle du lait et des produits laitiers dans la densité minérale osseuse, un facteur de risque clé de l’ostéoporose et des fractures.

Le calcium et la vitamine D

Le calcium de source alimentaire est nécessaire pour compenser les pertes quotidiennes afin de maintenir la résistance structurelle des os. La vitamine D, quant à elle, joue un rôle essentiel dans l’absorption du calcium par l’intestin9.

Les autres minéraux : le potassium, le magnésium et le phosphore

Plusieurs des minéraux contenus dans les produits laitiers (ex. le potassium, le magnésium) pourraient contribuer à la minéralisation osseuse en favorisant le métabolisme normal du calcium. Les ratios Ca:Na et Ca:P élevés du lait pourraient contribuer à protéger les réserves osseuses de calcium en réduisant les pertes de calcium par l’urine. Le potassium pourrait également avoir un effet épargneur sur le calcium10,11.

Les protéines

L’apport en protéines laitières a été associé à un taux sérique plus élevé du facteur de croissance apparenté à l’insuline 1 (IGF-1), qui augmente l’activité des ostéoblastes et assure la médiation de la minéralisation osseuse, et ce, à un niveau plus élevé que d’autres sources de protéines12.

La digestion des protéines laitières génère plusieurs composantes, notamment du lactose et des phosphopeptides, qui favorisent l’absorption du calcium dans l’intestin13.

Dans des études in vitro, il a été démontré que les protéines de lactosérum éliminent les ostéoclastes, des cellules qui assurent la médiation de la résorption osseuse14.

Les autres composantes des produits laitiers

Les probiotiques présents dans les produits laitiers fermentés synthétisent les vitamines telles que la vitamine K et le folate. Or, celles-ci contribuent à la formation de la matrice osseuse et pourraient stimuler l’absorption du calcium15.

Conclusion

La somme des données disponibles suggère qu’il n’y a pas d’association ou qu’il existe une association inverse entre la consommation de lait et de produits laitiers et le risque de fracture chez les hommes et les femmes. Cependant, la recherche effectuée chez les hommes est plus limitée.

La majorité des études réalisées porte uniquement sur le lait. L’association entre la consommation de produits laitiers totaux (c.-à-d. le lait, le yogourt et le fromage) et le risque de fracture est moins claire et nécessite davantage de recherches. Toutefois, des données suggèrent que le yogourt et le fromage pourraient avoir un effet protecteur.

Finalement, d’autres études sont nécessaires pour mieux comprendre la relation entre la consommation de produits laitiers totaux durant l’enfance et l’adolescence et le risque de fracture à l’âge adulte.

Références

  1. Bischoff-Ferrari HA et coll. Milk intake and risk of hip fracture in men and women: a meta-analysis of prospective cohort studies. J Bone Miner Res 2011;26:833-839.
  2. Khan B et coll. Higher dietary calcium intakes are associated with reduced risks of fractures, cardiovascular events, and mortality: a prospective cohort study of older men and women. J Bone Miner Res 2015;30:1758-1766.
  3. Feskanich D et coll. Milk consumption during teenage years and risk of hip fractures in older adults. JAMA Pediatr 2014;168:54-60.
  4. Sahni S et coll. Milk and yogurt consumption are linked with higher bone mineral density but not with hip fracture: the Framingham Offspring Study. Arch Osteoporos 2013;8:119.
  5. Michaëlsson K et coll. Milk intake and risk of mortality and fractures in women and men: cohort studies. BMJ 2014;349:g6015.
  6. Sahni S et coll. Protective association of milk intake on the risk of hip fracture: results from the Framingham Original Cohort. J Bone Miner Res 2014;29:1756-1762.
  7. Benetou V et coll. Diet and hip fractures among elderly Europeans in the EPIC cohort. Eur J Clin Nutr 2011;65:132-139.
  8. Kalkwarf HJ et coll. Milk intake during childhood and adolescence, adult bone density, and osteoporotic fractures in US women. Am J Clin Nutr 2003;77:257-265.
  9. Moore LL et coll. Effects of average childhood dairy intake on adolescent bone health. J Pediatr 2008;153:667-673.
  10. Teucher B et coll. Sodium and bone health: impact of moderately high and low salt intakes on calcium metabolism in postmenopausal women. J Bone Miner Res 2008;23:1477-1485.
  11. Kemi VE et coll. Low calcium:phosphorus ratio in habitual diets affects serum parathyroid hormone concentration and calcium metabolism in healthy women with adequate calcium intake. 2010 Br J Nutr 2010;103:561-568.
  12. Darling AL et coll. Dietary protein and bone health: a systematic review and meta-analysis. Am J Clin Nutr 2009;90:1674-1692.
  13. Toba Y et coll. Milk basic protein: a novel protective function of milk against osteoporosis. Bone 2000;27:403-408.
  14. Takada Y et coll. Whey protein suppresses the osteoclast-mediated bone resorption and osteoclast cell formation. Int Dairy J 1997;7:821-825.
  15. Scholz-Ahrens KE et coll. Prebiotics, probiotics, and synbiotics affect mineral absorption, bone mineral content, and bone structure. J Nutr 2007;137:838S-846S.

Mots-clés : santé des os , fractures , calcium , vitamine D


  • Matériel éducatif Matériel éducatif Matériel éducatif
    Matériel éducatif

    Vous avez besoin de ressources éducatives dans le cadre de votre travail? Téléchargez des copies en ligne ou commandez des versions imprimées gratuitement.

    Faire une demande
  • /infolettre
    NutriNouvellesMD

    Chaque mois, des articles intéressants sont publiés dans notre infolettre NutriNouvelles. Inscrivez-vous dès aujourd'hui pour demeurer au courant des recherches et données scientifiques les plus récentes.

    Abonnez-vous