Fermer Envoyer
à un ami

Votre lien et votre message ont été envoyés !

Fermer Envoyer
à un ami
* champ obligatoire
Oups! Vous avez oublié de remplir certains champs obligatoires.
Chargement...

 Retour à « Des préoccupations santé? »

Comprendre la relation entre les produits laitiers et l'asthme

Bien que la croyance selon laquelle boire du lait aggrave les symptômes de l'asthme remonte à la médecine traditionnelle chinoise ancienne, les données scientifiques disponibles à ce jour ne soutiennent pas cette hypothèse. De plus, des données en émergence démontrent que les produits laitiers, particulièrement les produits laitiers à pleine teneur en matières grasses, pourraient avoir un effet protecteur contre l'asthme.

Faits saillants

  • La consommation de produits laitiers à pleine teneur en matières grasses pourrait avoir un effet protecteur contre l'asthme et ses symptômes;
  • La consommation maternelle de yogourt à pleine teneur en matières grasses semble avoir un effet protecteur pour les enfants;
  • La consommation de lait entier et de beurre semble entraîner une réduction du risque d'asthme chez les enfants et les adultes;
  • Une déficience en vitamine D pourrait être associée à un impact plus important de l’asthme.

Introduction

Les produits laitiers sont depuis très longtemps associés à l'asthme. En effet, il est courant que des gens, et parfois même des professionnels de la santé, croient qu'il est nécessaire d'éviter les produits laitiers dans les cas d'asthme. Toutefois, des données en émergence issues de la littérature actuelle montrent que les produits laitiers, particulièrement les produits laitiers à pleine teneur en matières grasses, pourraient jouer un rôle de protection contre l'asthme. Les composantes des produits laitiers qui pourraient être bénéfiques comprennent les matières grasses et la vitamine D.

Les données scientifiques

Une étude de cohorte prospective menée en 2012 regroupant 61 909 femmes enceintes (à environ 25 semaines de grossesse) a examiné la relation entre la consommation de produits laitiers (lait entier, lait partiellement écrémé, lait total, yogourt à pleine teneur en matières grasses, yogourt à faible teneur en matières grasses et produits laitiers totaux) et l'asthme infantile à l'âge de 18 mois et de 7 ans1 :

  • Après ajustement pour l'âge de la mère, l'usage de tabac, l'allaitement maternel, la parité, l'activité physique, l'apport total en énergie ainsi que d'autres facteurs pertinents, la consommation maternelle de yogourt à pleine teneur en matières grasses, peu importe la quantité, semblait avoir un effet protecteur contre l'asthme infantile;
  • Le lait entier (> 5 verres/jour) était associé à une réduction de 15 % du risque d'asthme à l'âge de 18 mois, mais le risque d'avoir déjà souffert d'asthme (identifié à l'aide des critères de la Classification internationale des maladies) avant l'âge de 7 ans s'accroissait de 24 %;
  • La consommation de lait partiellement écrémé et de yogourt à faible teneur en matières grasses augmentait le risque d'asthme à l'âge de 18 mois de 6 % à 8 % pour une consommation > 1 portion/jour comparativement à aucune consommation de ces aliments (relation dose-effet, pour le lait partiellement écrémé). Alors qu'une hausse de 26 % du risque d'avoir déjà souffert d'asthme a été observée pour la même consommation de yogourt à faible teneur en matières grasses, les résultats n'étaient plus significatifs pour le lait partiellement écrémé;
  • Aucune association n'a été établie en ce qui concerne la consommation de lait et de produits laitiers totaux.

Dans le cadre de deux études publiées en 2012 et 2011 respectivement2,3 et ayant utilisé des données provenant de l'étude axée sur la nutrition Type 1 Diabetes Prediction and Prevention (DIPP) de 1996 – une étude de cohorte populationnelle –, l'incidence d'asthme a été évaluée chez des enfants de 5 ans qui présentaient un risque génétique modéré à élevé de diabète de type 1. Cette incidence a été examinée en lien avec les apports alimentaires de la mère durant la grossesse (2 680 duos mère-enfant) et la lactation (1 798 duos mère-enfant)2,3 :

  • La consommation maternelle de lait, de beurre et de produits laitiers pendant la grossesse et la lactation n'était pas associée à l'incidence d'asthme à l'âge de 5 ans;
  • Après ajustement pour plusieurs facteurs tels le sexe, la durée de la grossesse, l'âge de la mère, ainsi que la rhinite allergique ou l'asthme maternels, il a été démontré que la consommation maternelle de margarine durant la lactation augmentait le risque d'asthme de 96 %2;
  • Il a été démontré que de faibles apports maternels en acide alpha-linolénique et en acides gras polyinsaturés n-3 totaux pendant la grossesse augmentaient le risque d'asthme à l'âge de 5 ans de 66 % à 70 %, alors qu'un apport plus élevé en gras saturés et en acide palmitique avait un effet protecteur contre l'asthme (risque réduit de 45 % à 50 %)3;
  • Des apports plus faibles en acide arachidonique pendant la grossesse avaient un effet protecteur contre l'incidence d'asthme chez les enfants3.

Une étude cas-témoin de 2007 menée dans le cadre d’une étude de cohorte prospective et qui regroupait 723 enfants de 8 à 10 ans, dont 246 ayant reçu un diagnostic d'asthme, a révélé que la consommation peu fréquente de lait (< 2 fois/semaine) doublait le risque d'asthme chez les filles seulement. Alors que l'excès de poids à lui seul accroît le risque d'asthme de 39 %, la consommation peu fréquente de lait combinée à l'excès de poids entraîne un risque d'asthme 3,6 plus élevé4.

Des données provenant de 2 978 enfants ayant pris part à une étude de cohorte IAMA menée en 2003 indiquent ce qui suit5 :

  • La consommation quotidienne de lait à pleine teneur en gras à l'âge de 2 ans entraînait une réduction de 46 % à 47 % du risque d'avoir déjà ou récemment souffert d'asthme à l'âge de 3 ans, comparativement à une consommation inférieure à une fois par semaine;
  • Un risque 75 % moins élevé d'avoir récemment souffert d'asthme a été observé avec la consommation quotidienne de beurre;
  • Aucune association n'a pu être établie quant à la consommation quotidienne de produits laitiers.

Des données issues d'une enquête nationale à grande échelle menée aux É.-U. (NHANES III) ont montré que la déficience en vitamine D (< 10-30 ng/ml de vitamine D sérique) est associée à un plus grand impact de l'asthme. En effet, les personnes qui souffrent de maladies respiratoires et qui ont un faible niveau de vitamine D pourraient présenter des risques plus élevés de développer une infection des voies respiratoires (48 % plus élevés durant l'hiver, lorsque les produits laitiers sont la principale source de vitamine D, comparativement au printemps)6.

Les mécanismes potentiels

Les matières grasses du lait semblent avoir un effet protecteur contre l'asthme, bien que les mécanismes exacts attribuables à ce lien demeurent incertains. Les composantes du lait qui pourraient jouer un rôle sont les divers acides gras qu’il contient, de même que des antioxydants ou d'autres micronutriments.

Conclusions

Les données scientifiques en émergence indiquent que la consommation de produits laitiers à pleine teneur en matières grasses pourrait réduire le risque d'asthme. Toutefois, d'autres recherches sont nécessaires afin de fournir des réponses plus définitives, particulièrement en ce qui concerne le rôle de certains produits laitiers et produits laitiers à teneur réduite en gras.

Plus d'études doivent également être menées afin de clarifier comment la vitamine D pourrait réduire le risque d'infection des voies respiratoires chez les personnes atteintes d'asthme.

Mots-clés : beurre , asthme , infection des voies respiratoires , lait , produits laitiers , vitamine D


  • Matériel éducatif Matériel éducatif Matériel éducatif
    Matériel éducatif

    Vous avez besoin de ressources éducatives dans le cadre de votre travail? Téléchargez des copies en ligne ou commandez des versions imprimées gratuitement.

    Faire une demande
  • /infolettre
    NutriNouvellesMD

    Chaque mois, des articles intéressants sont publiés dans notre infolettre NutriNouvelles. Inscrivez-vous dès aujourd'hui pour demeurer au courant des recherches et données scientifiques les plus récentes.

    Abonnez-vous