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Les gras saturés et les maladies cardiovasculaires : où en sommes-nous?

Un apport réduit en gras saturés est depuis longtemps indiqué pour améliorer la santé cardiovasculaire. Or, des données issues d'études récentes telles que des revues systématiques, des méta-analyses et des études de cohortes prospectives indiquent que les gras saturés ne sont pas associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires.

Faits saillants

  • Il n'existe aucune association significative entre les gras saturés et un risque accru de maladies coronariennes ou d'accidents vasculaires cérébraux;
  • Il n'existe aucune association significative entre les produits laitiers à teneur élevée en gras saturés et un risque accru de maladies cardiovasculaires et de mortalité due aux maladies cardiovasculaires;
  • Il est très important de prendre en considération la source alimentaire de gras saturés – les gras saturés provenant des produits laitiers ont des effets neutres ou positifs sur la santé cardiovasculaire.

Les données scientifiques

Une méta-analyse d'études de cohorte prospective et d'études randomisées a examiné l'association entre les acides gras et les maladies coronariennes. Au total, 32 études de cohorte prospectives comprenant des données sur l'apport en acides gras ont été identifiées. L'analyse comportait 530 525 participants ayant un total de 15 907 événements coronariens. La période de suivi moyenne variait de 5 à 23 ans. Les auteurs ont également examiné 17 études d'observation comprenant des données sur la composition des acides gras circulants (c.-à-d. les acides gras dans le sang). Ces études regroupaient 25 721 participants et 5 519 événements coronariens. La période de suivi moyenne était de 1,3 à 30,7 ans1.

  • L'apport total en acides gras saturés n'était pas associé au risque de maladies coronariennes (risque relatif combiné de 1,02, IC à 95 % : 0,97-1,07);
  • Le total des acides gras saturés circulant dans le sang n'était pas associé au risque de maladies coronariennes (risque relatif combiné de 1,06, IC à 95 % : 0,86-1,30);
  • Les acides gras circulants individuels, tels que l'acide palmitique et l'acide stéarique, n'étaient pas associés au risque de maladies coronariennes;
  • L'acide margarique (un acide gras saturé présent dans les produits laitiers) était significativement associé à un risque réduit de maladies coronariennes;
  • Les auteurs ont conclu que les données actuelles n'appuient pas les recommandations sur la santé cardiovasculaire qui favorisent un faible apport total en gras saturés.

Une autre méta-analyse de 26 études de cohorte prospective a évalué l'association entre les aliments riches en gras saturés et le risque de mortalité2.

  • Une consommation élevée de lait, de fromage, de yogourt et de beurre n'était pas associée à un risque de mortalité toutes causes confondues, comparativement à une faible consommation;
  • Une consommation élevée de produits laitiers totaux, de lait et de fromage n'était pas associée à la mortalité cardiovasculaire.

Une méta-analyse menée en 2010 portant sur des études de cohorte prospective, pour laquelle le suivi de 347 747 participants durait de 5 à 23 ans, a fourni les données suivantes quant à l'association entre les gras saturés alimentaires et les maladies coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies cardiovasculaires3 :

  • L'apport en gras saturés n'était pas associé à un risque accru de maladies coronariennes, d'accidents vasculaires cérébraux ou de maladies cardiovasculaires;
  • Les risques relatifs combinés étaient de 1,07 (IC à 95 % : 0,96-1,19, p = 0,22) pour les maladies coronariennes, de 0,81 (IC à 95 % : 0,62-1,05, p = 0,11) pour les accidents vasculaires cérébraux et de 1,00 (IC à 95 % : 0,89-1,11, p = 0,95) pour les maladies cardiovasculaires;
  • Après ajustement pour les covariables telles que l'âge, le sexe et la qualité de l'étude, les résultats n'étaient pas différents, et aucune association significative n'était observée;
  • Il n’existait aucune association entre les gras saturés alimentaires et la prévalence de maladie après ajustement pour les autres nutriments et l'énergie totale.

Dans une revue systématique publiée en 2009, on résume les données issues d'études de cohorte prospective et d'études randomisées de la façon suivante4 :

  • Dans la méta-analyse d'études de cohorte sur les gras saturés et les maladies coronariennes, l'apport en acides gras saturés n'était pas associé significativement à la mortalité ou à des événements liés aux maladies coronariennes;
  • Les risques relatifs de la catégorie la plus élevée d'apport en gras saturés comparativement à la moins élevée étaient de 1,14 (IC à 95 % : 0,82-1,60, p = 0,431) pour la mortalité due aux maladies coronariennes et de 0,93 (IC à 95 % : 0,83-1,05, p = 0,269) pour les événements liés aux maladies coronariennes;
  • Il n'existait aucune association significative entre les gras saturés et la mortalité par maladie coronarienne ou des événements liés aux maladies coronariennes lorsque l'énergie totale provenant des acides gras saturés était augmentée de 5 %;
  • D’après la méta-analyse d’essais randomisés portant sur le gras alimentaire et les maladies coronariennes, le risque relatif de maladies coronariennes fatales n'était pas réduit par des diètes pour lesquelles l'apport en gras était modifié.

Une autre revue systématique d'études de cohorte prospective et d’essais randomisés a examiné les données provenant des facteurs alimentaires et leur relation avec les maladies coronariennes5.

  • Des analyses d'études de cohorte combinées n'ont révélé aucune association significative entre une consommation plus élevée d'acides gras saturés, de viande ou de lait et les maladies coronariennes;
  • Les risques relatifs étaient de 1,06 (IC à 95 % : 0,96-1,15) pour les acides gras saturés, de 1,23 (IC à 95 % : 0,98-1,49) pour la viande et de 0,94 (IC à 95 % : 0,75-1,13) pour le lait;
  • Lorsque les données relatives aux expositions alimentaires étaient stratifiées selon les variables confondantes telles que l'outil d'évaluation de l'alimentation, le sexe, la région géographique et le type de stratégie de prévention, l'association entre les acides gras saturés et les maladies coronariennes demeurait statistiquement non significative dans les études de cohorte;
  • Aucune donnée issue de l’analyse des essais randomisés combinés ne soutenait une association de cause à effet entre les acides gras saturés, la viande ou le lait et les maladies coronariennes.

En 2012, de Oliveira Otto et coll. ont réalisé une étude de cohorte prospective afin d'évaluer l'association entre l'apport en gras saturés de différentes sources alimentaires et l'incidence d'événements cardiovasculaires au sein d'une population multiethnique. L’étude portait sur 5 209 adultes provenant des États-Unis, âgés de 45 à 84 ans. Ensemble, ils représentaient 36 364 années-personnes de suivi6.

  • Après ajustement pour les facteurs confondants potentiels, un apport plus élevé en gras saturés laitiers était associé à un risque réduit de maladies cardiovasculaires, avec un risque relatif de 0,79 (IC à 95 % : 0,68-0,92) pour chaque 5 g/jour supplémentaire de produits laitiers et de 0,62 (IC à 95 % : 0,47-0,82) pour chaque 5 % additionnel d'énergie provenant de produits laitiers;
  • Le remplacement de 2 % d'énergie provenant des gras saturés présents dans la viande par de l'énergie provenant des gras saturés laitiers était associé à une réduction de 25 % du risque de maladies cardiovasculaires.

Dans une autre étude de cohorte prospective, l'association entre l'apport en acides gras saturés et le risque de mortalité due aux maladies cardiovasculaires a été examinée chez 58 453 adultes japonais âgés de 40 à 79 ans7.

  • L'apport en acides gras saturés alimentaires était inversement associé au risque d'accidents vasculaires cérébraux, d'hémorragies intraparenchymateuses et d'accidents ischémiques cérébraux totaux;
  • Après ajustement pour les variables confondantes telles que les facteurs de risque potentiels de maladies cardiovasculaires et les nutriments, les risques relatifs pour le quintile d’apport en gras saturés supérieur comparativement au quintile inférieur étaient de 0,69 (IC à 95 % : 0,53-0,89, ptendance = 0,004) pour les accidents vasculaires cérébraux totaux, de 0,48 (IC à 95 % : 0,27-0,85, ptendance = 0,03) pour les hémorragies intraparenchymateuses et de 0,58 (IC à 95 % : 0,37-0,90, ptendance = 0,01) pour les accidents ischémiques cérébraux;
  • Il n'existait aucune association entre l'apport en acides gras saturés et les hémorragies sous-arachnoïdiennes et les maladies cardiaques telles que la cardiopathie ischémique, l'arrêt cardiaque et l'insuffisance cardiaque.

Conclusions

Il existe des données scientifiques solides qui appuient l'absence d'association entre les gras saturés alimentaires et un risque accru de maladies cardiovasculaires.

Les gras saturés provenant des produits laitiers n'ont aucun impact ou ont un impact bénéfique sur le risque de maladies cardiovasculaires.

Davantage de recherche, particulièrement des études de cohorte prospective et des essais cliniques randomisés, est nécessaire afin d’évaluer la relation entre différentes sources alimentaires de gras saturés et les maladies cardiovasculaires.

Pour de plus amples renseignements :

Mots-clés : maladies cardiovasculaires , maladies coronariennes , facteurs alimentaires , gras saturés , accident vasculaire cérébral


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