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Alimentation et changements climatiques : le défi 2050

Frank Mitloehner Frank Mitloehner, Ph. D.

Professeur et spécialiste de la qualité de l’air
Département des sciences animales
University of California, Davis

La production mondiale de protéines animales devrait doubler d’ici 2050 par rapport à celle de l’an 2000 et la majorité de cette croissance de la production de bétail aura lieu dans les pays en voie de développement. Satisfaire la demande à venir en protéines animales représentera un défi sur le plan environnemental – d’où la notion de « défi 2050 ». La plus grande partie de la croissance mondiale de la production de bétail surviendra dans des régions qui sont actuellement couvertes de forêts (c.-à-d. certaines parties de l’Amérique du Sud et de l’Asie du Sud-Est), ce qui exercera une pression pour accroître la déforestation afin de faciliter l’augmentation de la production de bétail. Il a été démontré que des réductions significatives de la séquestration du carbone par la forêt auront des effets importants sur les changements climatiques à l’échelle mondiale. Par conséquent, il est primordial d’éviter la déforestation.

En examinant les tendances historiques en matière de production de bétail dans les pays développés, il est évident qu'il y a eu une nette amélioration de son efficacité, ce qui a entraîné une réduction du nombre d’animaux nécessaires pour satisfaire à la demande nutritionnelle. À titre d’exemple, les chercheurs de la Cornell University* ont constaté que, comparativement à 1944, la production laitière américaine de 2007 a réduit ses émissions de gaz à effet de serre par unité de lait de 63 %. Cette réduction a été rendue possible grâce au progrès dans les domaines de la nutrition, de la gestion de la production, de la génétique et d’autres avancées issues de la recherche scientifique, qui ont conduit à des améliorations considérables de la production de lait par vache. Ce type d’intensification de la production de bétail dans les pays développés offre de multiples possibilités d’atténuer les changements climatiques et permet de réduire la déforestation nécessaire à l’aménagement de pâturages, devenant ainsi une solution plus durable à long terme. À l’heure actuelle, des chercheurs partout dans le monde portent leur attention sur la manière dont les progrès sur le plan des biotechnologies, de la génétique moderne, de la nutrition et des programmes exhaustifs de gestion des déchets déjà en place dans la plupart des pays développés pourraient s’appliquer efficacement à l’échelle mondiale.

Bien que les réductions extraordinaires de l’empreinte carbone de la production laitière américaine méritent des éloges, nous devons focaliser nos efforts sur les problèmes qui demeurent à résoudre,
à savoir la gestion des vaches, la boiterie et l’infertilité. L’amélioration des fermes laitières américaines dans ces domaines et dans d’autres secteurs devrait permettre de réduire encore plus leur empreinte carbone par unité de lait.

En terminant, nous ne pouvons pas ignorer le débat entourant l’empreinte carbone puisqu’il est là pour rester. Toutefois, la véritable science qui sous-tend plusieurs des revendications actuelles sont incomplètes ou insuffisantes, et il est de l’intérêt des producteurs et des consommateurs de faire valoir des revendications environnementales fondées sur de solides données scientifiques évaluées par les pairs. Une intensification durable de l’agriculture animale est nécessaire, jumelée à un transfert des technologies, afin de répondre à la demande croissante en protéines animales tout en protégeant l’environnement au moyen de pratiques de production modernes et durables.

Frank M. Mitloehner, professeur et spécialiste de la qualité de l’air, département des sciences animales, University of California, Davis, One Shields Avenue, Davis, CA 95616, USA; [email protected] 

Sources

* Capper, J.L., R.A. Cady, and D.E. Bauman. 2009. The Environmental Impact of Dairy Production: 1944 Compared with 2007. J. Anim. Sci. 87:2160-2167.

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