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Alimentation saine ET durable

Sergio Burgos Sergio Burgos, Ph. D.

Professeur adjoint
Nutrition et métabolisme animaliers
Université McGill

Les changements climatiques et la dégradation de l’environnement représentent une menace importante pour l’humanité. Au cours des dernières années, la reconnaissance de l’impact considérable de la production alimentaire sur l’environnement a incité la recherche à examiner la relation entre l’alimentation et la durabilité environnementale. L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) définit le terme « régime alimentaire durable » comme suit : « régimes alimentaires ayant de faibles conséquences sur l’environnement et qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations présentes et futures ». Il est plus facile de conceptualiser cette définition si nous abordons l’alimentation durable en fonction de 4 aspects : nutrition et santé, environnement, économie et société et culture.

La recherche actuelle sur l’alimentation durable est diversifiée. Elle comprend notamment des études menées sur des aliments spécifiques, sur des modèles alimentaires particuliers, sur l’alimentation habituelle et sur de la modélisation d’aliments. La plupart des études qui évaluent l’empreinte environnementale de la consommation alimentaire s’appuient sur des analyses du cycle de vie (ACV), une norme internationale utilisée pour quantifier l’impact environnemental qui se produit à chaque étape du cycle de vie d’un aliment, que ce soit par exemple la production, le transport ou la transformation. Les méta-analyses d’études internationales sur l’ACV démontrent dans l’ensemble que les aliments d’origine végétale ont un plus faible impact environnemental comparativement aux aliments de source animale. Toutefois, des facteurs tels que les pratiques agricoles, le transport et la consommation d’énergie déterminent également l’empreinte environnementale d’un aliment donné et ils peuvent varier grandement d’une région à l’autre du monde. Par ailleurs, le choix de l’unité fonctionnelle avec laquelle on compare les aliments (p. ex. le poids, les calories) peut avoir une influence marquée sur l’interprétation de l’impact environnemental des aliments. Il est donc difficile de tirer des conclusions sur la durabilité environnementale de régimes alimentaires en ne se basant que sur des évaluations provenant d’un seul aliment, sans considérer la diète dans son ensemble.

Pour quantifier l’empreinte environnementale des modèles alimentaires et de l’alimentation habituelle, les études ont mis en relation les données des ACV portant sur des aliments individuels et celles sur l’apport alimentaire recueillies dans des sondages nationaux sur la nutrition. Les estimations de l’impact environnemental sont cumulées en fonction de la quantité d’aliments consommés selon le modèle alimentaire (p. ex. omnivore, végétarien, etc.) ou dans le contexte de l’alimentation habituelle. La majorité de ces évaluations ont été réalisées dans des pays d’Europe et, plus récemment, aux États-Unis. La plupart des études ont révélé qu’une alimentation qui comprend plus d’aliments d’origine végétale a une empreinte environnementale moindre comparativement à une alimentation qui contient des aliments d’origine animale. Cependant, cette conclusion n’apparaît pas aussi évidente lorsque l’impact environnemental est mesuré en fonction de la teneur en nutriments. En effet, des analyses plus exhaustives qui utilisent des scénarios de remplacement et une modélisation alimentaire comme outils pour mesurer l’équilibre entre les facteurs nutritionnels et environnementaux des diètes et des aliments révèlent qu’il existe des réductions de l’impact environnemental associées au remplacement des aliments de source animale par des aliments d’origine végétale jusqu’à l’atteinte d’un seuil, étant donné que le retrait des produits animaliers a des conséquences sur la teneur en nutriments.

Malgré les limites des recherches existantes, les lignes directrices alimentaires nationales en constante évolution mettent l’accent sur la durabilité. En janvier 2019, la commission EAT-Lancet a convenu d’établir des objectifs scientifiques mondiaux en matière d’alimentation saine et de production alimentaire durable. Elle a défini ce qu’est une alimentation saine pour la planète comme suit : une alimentation contenant une grande quantité de légumes, de fruits, de grains entiers, de légumineuses, de noix et d’huiles insaturées; une quantité faible à moyenne de fruits de mer et de volaille; peu ou pas de viande rouge, de viande transformée, de sucres ajoutés, de grains raffinés et de légumes riches en féculent; et une quantité optionnelle modérée de produits laitiers. En combinaison avec les changements technologique et gestionnel de la production alimentaire et des réductions du gaspillage et de pertes alimentaires, la commission a proposé l’adoption d’une alimentation saine pour la planète qui s’avère nécessaire pour demeurer dans les limites de la couche planétaire, définies comme étant les limites biophysiques à l’intérieur desquelles l’humanité devrait fonctionner pour assurer la stabilité de l’écosystème du système planétaire. Bien que le rapport EAT-Lancet comporte certains avantages, il contient son lot de limites quant à la teneur en nutriments. Il importe donc d’en tenir compte lors des discussions sur les implications possibles de l’adoption d’une alimentation saine pour la planète.

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